Gilbert Collard : “tout étranger qui commet une infraction de violence, quelle que soit la nature de la violence, je l’expulse”

« On n’a pas à tolérer sur le territoire des hommes et des femmes qui bénéficient des largesses de notre pays et qui commettent des infractions car ce sont eux qui sont les facteurs d’amalgame. À partir du moment où on prend la décision d’expulser tous ceux qui commettent une infraction, on sait que ceux qui restent sont respectables. »

Gilbert Collard BFM TV

Ce 21 juillet 2016, Gilbert Collard est reçu par Apolline de Malherbe (voir vidéo BFM – Bourdin direct).

Gilbert Collard. Parcours un peu déroutant (environ 28 ans au PS, de 1964 à 1992 avant de rejoindre le Rassemblement Bleu Marine en 2012). Hormis son aversion envers Jean-Marie Le Pen (Jean-Marie Le Pen «nous emmerde»), il faut reconnaître qu’aujourd’hui il tient son rôle au RBM. Reconnaissons-lui également un certain charisme (avocat). Maintenant, que penser de son implication politique ? On peut toujours craindre, qu’au moment venu, il cède au chant de certaines sirènes.

Gilbert Collard vient de voter pour la prolongation de l’état d’urgence, tout en se montrant réservé sur la capacité du gouvernement à le faire respecter (les caillassages de véhicules, les nuits debout, un véhicule de police incendié, les incidents à Marseille pendant l’Euro 2016, les désordres partout, les manifestations). Il estime que le maintien des fan-zones était un non-sens dans un état d’urgence. On les a maintenues, ça s’est bien passé, au prix d’un déploiement de policiers dont on paye les conséquences aujourd’hui, car on ne peut pas à la fois épuiser les policiers et les mobiliser, lorsqu’il y a un rassemblement comme à Nice.

Gilbert Collard préconise l’introduction d’une catégorie « T » (dédiée au terrorisme) au fichier « S », lequel est ingérable en l’état actuel car il englobe beaucoup trop de choses.

Gilbert Collard ne partage pas le point de vue de Laurent Wauquiez qui préconise d’enfermer un individu sous prétexte qu’il est fiché « S », dans la mesure où l’on n’a pas de conditions judiciaires du fichage. Il précise même qu’il est un des rares, à la tribune de l’assemblée, à avoir demandé à Manuel Valls, dans le cadre de l’État d’urgence, de laisser le contrôle – au nom de l’État de droit – à l’autorité judiciaire. Fin de non-recevoir.

En revanche, tout étranger qui commet une infraction de violence, quelle que soit la nature de la violence, je l’expulse. » On n’a pas à tolérer sur le territoire des hommes et des femmes qui bénéficient des largesses de notre pays et qui commettent des infractions car ce sont eux qui sont les facteurs d’amalgame. À partir du moment où on prend la décision d’expulser tous ceux qui commettent une infraction, on sait que ceux qui restent (en France) sont respectables.

Certains élus, comme le député LR, Georges Fenech, préconisent l’ouverture d’un Guantanamo à la française, pour y enfermer de manière préventive ceux qui reviennent de Syrie et d’Irak. Guantanamo est une initiative « hors-la-loi ». Gilbert Collard est prêt à soutenir cette proposition sous certaines conditions.

C’est alors que, de manière inattendue, il nous fait un inquiétant petit rappel d’histoire : les « lois scélérates » (au nombre de trois) ont été votées en 1893 – 1894 pour en finir avec les mouvements anarchistes, responsables de nombreux attentats. La gauche et notamment Léon Blum avaient parlé de « lois scélérates ». Pour Gilbert Collard, la IIIe République n’a pas eu peur de voter ces lois contre les mouvements anarchistes qu’elle a réussi à éradiquer. Dès que la situation a été rétablie, ces lois auraient été abrogées [toujours est-il que la troisième loi scélérate de juillet 1894 n’a été abolie que sous François Mitterrand en 1992].
S’inspirant de cet exemple, Gilbert Collard estime qu’il nous faut avoir le courage de créer un espace légal pour enfermer ceux qui reviennent de Syrie et d’Irak.

En admettant la similitude entre les attentats anarchistes et les attentats islamistes, n’oublions pas que les anarchistes cherchaient à déstabiliser le pouvoir en attaquant directement ses détenteurs. Ce n’est pas le cas des “islamistes radicaux” qui s’en prennent aux innocents désarmés.

Quoiqu’il en soit, on ne saurait tourner en dérision les propos de Léon Blum qui estimait que ces lois « abrogent les garanties conférées à la presse en ce qu’elles permettent la saisie et l’arrestation préventive ; elles violent une des règles de notre droit public en ce qu’elles défèrent des délits d’opinion à la justice correctionnelle ; elles violent les principes du droit pénal en ce qu’elles permettent de déclarer complices et associés d’un crime des individus qui n’y ont pas directement et matériellement participé ; elles blessent l’humanité en ce qu’elles peuvent punir des travaux forcés une amitié ou une confidence, et de la relégation un article de journal. »… On devrait plutôt s’inquiéter des dégats collatéraux de ces lois et de la dérive totalitaire qui s’installe en ce XXIe siècle.

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