Yuval Noah Harari | Comment et pourquoi Sapiens a conquis le monde

Les animaux n’utilisent leur système de communication que pour décrire la réalité. Les hommes, eux, utilisent le langage pas seulement pour décrire la réalité, mais aussi pour inventer de nouvelles réalités, des réalités fictives, des normes, des valeurs, un Dieu et des droits de l’homme dans lesquels nous devrons croire et auxquels nous devons nous plier avant de pouvoir coopérer.

Je veux croire, concernant mon corps, mon cerveau que je suis bien supérieur à un chien, à un cochon ou à un chimpanzé, mais je dois avouer avec embarras que je suis [physiquement] semblable à un chimpanzé. Et si moi et un chimpanzé, on nous laissait seuls sur une île déserte, je parierais sans hésiter sur la survie du chimpanzé et non la mienne.
De même, je pense que si l’on prenait n’importe qui d’entre vous et qu’on le laissait avec le chimpanzé, le chimpanzé s’en sortirait mieux.

« La vraie différence entre les hommes et tous les animaux ne se trouve pas sur le plan individuel. Les hommes contrôlent la planète parce que ce sont les seuls animaux capables de communiquer et coopérer de façon flexible et en très grand nombre ».
[…] Nous pouvons coopérer de façon flexible avec un nombre infini d’étrangers parce que nous sommes seuls, parmi tous les animaux de la planète, à pouvoir créer et croire à la fiction, aux histoires fictives.

Tandis que le monde [humain] croit à la même histoire, aux mêmes normes et valeurs, tous les autres animaux n’utilisent leur système de communication que pour décrire la réalité.
Les hommes, eux, utilisent le langage pas seulement pour décrire la réalité, mais aussi pour inventer de nouvelles réalités, des réalités fictives, des normes, des valeurs, un Dieu et des droits de l’homme dans lesquels nous devrons croire et auxquels nous devons nous plier avant de pouvoir coopérer.

Les insectes sociaux, comme les abeilles ou les fourmis, sont capables de coopérer en grand nombre, mais ils ne le font pas de façon flexible. Une ruche ne peut en fait fonctionner que d’une seule façon. Si une nouvelle opportunité ou un nouveau danger se présente les abeilles ne peuvent pas bouleverser leur système social du jour au lendemain. […] D’autres animaux, comme les mammifères sociaux ne réagissent qu’en petits nombres. Dans la coopération entre les chimpanzés, « j’ai besoin de te connaître personnellement : je suis un chimpanzé et tu es un chimpanzé. […] Si je ne te connais pas, comment puis-je coopérer avec toi ? »

A un contre un, ou même à dix contre dix, l’avantage peut-être aux chimpanzés… Mais si on met 1000 hommes contre 1000 chimpanzés, les hommes l’emporteront facilement pour la simple raison qu’un millier de chimpanzés ne peuvent pas coopérer.

[À SUIVRE]

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À PROPOS DE HOMO DEUS

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