Traité ACTA : le mouvement de protestation se propage partout en Europe

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=yTH2TDUSmPQ]

Tokyo, le 26-01-2012 – 22 Etats membres de l’Union européenne ont signé l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA).
Les Etats-Unis, le Japon et l’Australie, ont signé le document en septembre.

Toutefois, les signatures des Etats membres de l’UE resteront sans effet tant que le Parlement européen n’aura pas ratifié le traité (juin). Les militants du numérique appellent les citoyens à faire pression sur leurs députés européens contre le vote oui.

A noter que 5 pays de l’UE n’ont pas signé,
à savoir l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Estonie, Chypre et la Slovaquie
.

“Non à l’Acta”: le mouvement de protestation se propage partout en Europe [voir vidéo du 11-02-2012 ci-après]

Officiellement, le traité ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement)
vise à lutter contre le commerce mondial de biens piratés et des contrefaçons.

La tournure secrète des négociations a suscité l’irritation.

Bien que l’ACTA soit principalement lié à l’application des droits de propriété intellectuelle (DPI), son statut de traité de commerce a permis d’opérer à « huis-clos ».
Ce projet, très controversé, n’a donné lieu à aucune consultation de l’opinion publique.
Les Etats participants ont dû publier à la hâte un texte avec quelques légers désaccords.
Les longues tractations, menées aux Etats-Unis et au Japon, ont fait l’objet de fuites (Wikileaks etc.).

Cliquez ici pour obtenir une copie du projet de texte d’octobre 2010.

La version finale de l’ACTA est très différente de versions antérieures, qui auraient contraint les pays à déconnecter les utilisateurs d’Internet récidivistes, condamnés pour avoir partagé du contenu sous copyright. L’UE a rejeté cette proposition, et d’autres, telles que la criminalisation de l’utilisation d’une caméra de téléphone portable dans une salle de cinéma.

Simple menace pour la liberté de parole?

Selon la Quadrature du Net, l’ACTA va conduire à des lois plus dures de violation du copyright dans les pays hors-UE qui n’offrent pas les garanties de liberté d’expression de l’UE.

Avec l’accord, il sera également difficile de fabriquer et de distribuer des médicaments génériques.

________________________________________

Un mouvement européen de protestation reste à construire,
Protestation des citoyens de l’UE, qui sont à juste titre, préoccupés par les effets de l’ACTA sur la liberté d’expression, l’accès aux médicaments, mais aussi l’accès à la culture et au savoir.

On peut déjà noter la défaite de la SOPA et de la PIPA aux Etats Unis.
Mais les citoyens européens doivent se réapproprier la démocratie,
contre l’influence néfaste des intérêts commerciaux sur la politique mondiale de décision.

[wpvideo zzLAlFIn]

La Pologne, qui a été l’un des signataires, a vu des milliers de manifestants
descendre dans les rues de plusieurs villes pour protester contre la signature.

________________________________________

“Non à Acta !” : le mouvement de protestation se propage partout en Europe.

République Tchèque, Autriche, Roumanie, Bulgarie etc.
Des dizaines de milliers de manifestants ont exprimé leur rejet de l’accord ACTA
ce 11 février.

Pour entrer en vigueur, le texte doit être ratifié par les parlements nationaux.
Devant cette mobilisation citoyenne, la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie ont suspendu le processus, tout comme l’Allemagne, l’Estonie et la Slovaquie qui n’avaient toutefois pas signé le texte.

________________________________________

Vote du Parlement européen
Si les députés européens devaient dire non à l’ACTA, « ce serait le retour à la planche à dessin», selon les termes de John Clancy, porte-parole de la Commission européenne.

La cérémonie de signature à Tokyo marque juste une étape dans la procédure
qui permet de transmettre le dossier de l’ACTA au Parlement européen,
lequel ne manquera pas d’en débattre.

Le traité sera péalablement examiné par le Comité de l’UE du Commerce international (EU International Trade Committee – INTA), fin février – début mars, avant d’être voté en avril ou en mai.

Le vote final en plénière se déroulera entre les 11 et 14 juin
au Parlement européen
.

Indépendamment de la signature qui a eu lieu ce 26 janvier, l’ACTA ne figurera pas dans la législation européenne si le Parlement européen vote contre le traité en juin. Dans ce cas, les signatures des 22 États membres de l’UE seraient nulles de facto

.

[Source: ZDNet UK 26-01-20122 : UK signs ACTA as activists urge resistance]

________________________________________

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=rrRuuSlCCOc]

L’article suivant a été initialement publié le 13-10-2010
avant une mise à jour le 25-01-2012

________________________________________

Le Représentant américain au Commerce, Ron Kirk, s’est félicité de la publication du texte de
l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) – Tokyo, le 2 octobre.

“Ce texte reflète les progrès énormes dans la lutte contre la contrefaçon et le piratage – une vague de criminalité globale qui prive les travailleurs des États-Unis et autres pays dans le monde d’emplois bien rémunérés et expose les consommateurs à des produits dangereux”, a-t-il dit.

« La détermination de nos partenaires de l’ACTA pour parvenir à des solutions sur des questions difficiles est un message fort aux pirates et contrefacteurs qui n’ont pas leur place dans les circuits du commerce légal.»

Ron Kirk a appelé les nations à s’activer, afin de finaliser les résultats obtenus à Tokyo.

«Ce travail représente une victoire importante pour ceux qui veulent se protéger et faire respecter les droits de la propriété intellectuelle », a-t-il ajouté.

Après trois ans, et dix rounds de négociations, les parties de l’ACTA ont décidé qu’il était temps de conclure leurs discussions, ont indiqué des responsables.

Les États-Unis ont aidé à jeter les bases pour que l’on puisse avancer à Tokyo.

Un tour supplémentaire de négociations s’est déroulé à Washington, en août, en soutien au gouvernement du Japon pour organiser la phase finale au niveau vice-ministériel, et a travaillé dur pour parvenir à un consensus sur les questions en suspens.

Conformément à la stratégie de l’administration Obama pour renforcer la propriété intellectuelle, les négociations de l’ACTA ont pour but de créer un cadre international permettant aux états de lutter efficacement contre la prolifération mondiale de la contrefaçon et de la piraterie dans le commerce du 21e siècle, selon Kirk.

L’accord comprendra des dispositions visant à renforcer la coopération internationale et à mettre en œuvre des procédures rigoureuses.
Celles-ci permettront en fin de compte de maintenir les emplois américains dans les secteurs innovants et créatifs.

Kirk a déclaré que les participants ont convenu à Tokyo de traiter avec diligence les quelques questions en suspens qui requièrent un examen plus approfondi dans leurs pays respectifs, afin de finaliser le texte de l’accord le plus rapidement possible.

Le projet d’accord fera l’objet d’un examen légal final et processus pertinents nationale avant la signature.

Les participants de l’ACTA sont les pays suivants:

l’Australie, le Canada, l’Union européenne (UE), représentée par la Commission européenne et la présidence de l’UE (Belgique) et les États membres de l’UE, le Japon, la Corée, le Maroc, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Suisse et les États-Unis.

Visiter le site officiel du Représentant Américain au Commerce

[notons l’exclusion délibérée des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).
Cela ressemble à une déclaration de guerre]

________________________________________

Graves menaces contre la liberté du web:
les projets de loi américains SOPA et PIPA

Le traité ACTA en phase de finalisation LEMONDE.FR | 07.10.10 |

ACTA : le traité secret qui pourrait changer la face d’internet

Propriété intellectuelle :
le secret du traité ACTA critiqué par 100 organisations

Traité ACTA : inquiétudes concernant le caractère secret des négociations

Rapport Zelnik : la culture “menacée par Internet” – Il faut agir vite

Le slogan « acheter et produire français » : un probable marché de dupes

[dailymotion id=xhyj7g]

Sarkozy vante le « produire français » dans une usine de skis Rossignol

Rossignol a relocalisé une partie de sa production de skis.
Bien souvent, la relocalisation est la conséquence d’une erreur de stratégie. Rossignol en est l’illustration: le management précédent avait surévalué l’impact du coût de la main-d’oeuvre dans la structure des prix. L’entreprise a frôlé la faillite.

Pour d’autres entreprises (souvent des PME), l’échec de la délocalisation tient de l’incompétence du management à élaborer une stratégie internationale, certaines entreprises ayant fait l’impasse sur les études de faisabilité qui auraient révélé leur inaptitude au développement de projets offshore.

________________________________________

Les relocalisations vont-elles sortir la France de l’ornière ?

Dans certains cas, la relocalisation s’accompagne d’incitations financières au retour. Il peut même se faire qu’au moment de la délocalisation, certaines entreprises aient réussi à monter un dossier d’exportation ouvrant droit à des aides financières au départ. Certains dirigeants s’ingénient à nouer des relations d’influence avec les élus locaux.

Le slogan «produire français » est un véritable marché de dupes.

Dans le meilleur des cas, la production sera robotisée, et par voie de conséquence compétitive avec la main-d’oeuvre asiatique, sans compter les gains de transport obtenus par la relocalisation. Résultat: aucun bénéfice pour l’emploi, d’autant plus que les relocalisations ne concernent pas la production en grandes séries.

Les fabricants qui n’auront pas fait le choix de la robotisation, seront incités à recourir à une main-d’œuvre immigrée coûteuse (7 à 10 fois le coût de main-d’oeuvre des pays émergents) sous qualifiée. Mais cet apparent surcoût pour l’entreprise sera partiellement absorbé par les transferts sociaux, auxquels pourront s’ajouter d’éventuels crédits d’impôts et les économies de transport consécutives à la relocalisation.

L’opinion publique a été à la fois abusée et neutralisée.

Les surcoûts de main-d’oeuvre sont à la charge des Français qui se voient infliger la double peine fiscale d’alimenter les transferts sociaux pour participer à la viabilité de l’entreprise et de contribuer au développement du pays d’origine de cette main-d’oeuvre (budget d’aide au développement voté annuellement par le Parlement). En remerciement, le contribuable sera invité à acheter français sans autre argument que de faire preuve de solidarité.

Les relocalisations concernent-t-elles tous les pays en développement?

Au départ, il faudrait s’entendre sur ce que l’on appelle les «pays étrangers». Apparemment, certains pays d’Afrique, dont les pays du Maghreb, ne sont concernés ni par la campagne de relocalisations, ni par la mise en place d’une TVA aux importations.

Même Marine Le Pen se laisse prendre au piège, faute de procéder à une véritable investigation mettant à jour toutes ces perversions du système. L’immigration sous qualifiée et coûteuse pour la France (transferts sociaux croisés et cumulés avec l’aide directe au développement des pays d’origine) a encore de bons jours devant elle, grâce à une campagne unanime pour « acheter français », sans se poser de questions.

Mais ce véritable dumping social et fiscal est-il conforme aux lois internationales de la concurrence?

________________________________________

[vodpod id=Video.15617770&w=425&h=350&fv=recoTf1%3Dhttp%253A%252F%252Fwww.tf1.fr%252Fjs%252Fvideo%252Fpoursuite%252F0%252C%252C%252C00.js%26v40%3D1%26unvId%3D1%26chaId%3D2716097%26conId%3D3987049]

Qooq, la tablette qui passe du made in China au made in France

Reportage de TF1 : Une société a relocalisé en Saône-et-Loire sa ligne de production de tablette informatique, initialement basée en Chine, pour démontrer que “l’industrie du 21e siècle” a sa place en Europe.

C’est l’histoire d’une délocalisation. Ou plutôt d’une relocalisation. Qooq a inauguré jeudi une nouvelle ligne de production de sa tablette tactile à Montceau-les-Mines en Saône-et-Loire. Précédemment, la tablette était fabriquée en Chine.

Le spécialiste de l’industrie électronique Eolane, qui sous-traite la production de la tablette dans son usine pourrait embaucher “entre 50 et 100 personnes” en 2012.

Conçue pour un usage essentiellement “domestique”, notamment dans la cuisine, cette tablette made in France sera commercialisée à partir de début novembre, a précisé la société qui espère en vendre 50.000 en 2102.
Son prix, 349 euros, reste inchangé par rapport à celui du modèle assemblé en Asie car le surcoût lié à la main d’oeuvre en France a été “complètement compensé” par l’innovation et par un processus plus automatisé, ce qui en fait une “offre très compétitive”, a-t-on ajouté.

________________________________________

Paul Raguin parmi les 500 plus grosses fortunes de France

Paul Raguin, PDG d’Eolane, basé au Fresne-sur-Loire, se classe 283e.
Ce sexagénaire, ex-directeur d’une PME horticole, a bâti un groupe d’électronique devenu le premier sous-traitant français du secteur, avec un chiffre d’affaires de 268 millions d’euros. Sa fortune professionnelle est estimée à 145 millions d’euros.
[Magazine Challenges du 7 juillet 2011]

________________________________________

ARTICLES RATGEMINI

Quand l’obsession du low-cost pousse l’Europe à sa perte

Compétitivité ou aveu d’échec ? La relocalisation

Doit-on taxer les importations en provenance des pays émergents?

Sarkozy lance les travaux du TGV marocain | un succès ambigu pour nos exportations

La France est le premier partenaire économique du Maroc, pays dont l’économie a connu un taux de croissance moyen de 4% à 5% ces dernières années.
Il n’empêche que, pour l’Agence Française de Développement (AFD), le Maroc figure parmi les pays appartenant à la zone de solidarité prioritaires.


TGV marocain | un succès ambigu pour nos… par Ratgemini

TANGER, Maroc – Nicolas Sarkozy a donné le coup d’envoi des travaux du futur TGV marocain, le premier du continent africain et du monde arabe, dans un pays que la France entend « accompagner sur la voie de la démocratie et du développement ».
La France est de très loin le premier partenaire économique du Maroc, dont l’économie a connu un taux de croissance moyen de 4% à 5% ces dernières années.
Le Président français s’est félicité que le Maroc ait choisi la technologie française, en l’occurrence Alstom, pour mener à bien ce projet d’un coût de 33 milliards de dirhams (près de trois milliards d’euros).
Sur ce total, la construction d’une nouvelle ligne de 220 km entre Tanger et Kenitra représentera quelque 20 milliards de dirhams (1,8 milliard d’euros), le solde devant financer la modernisation des liaisons ferroviaires existantes entre Kenitra, Rabat et Casablanca.

LE MONTAGE FINANCIER LAISSE UN GOÛT D’AMERTUME
Rappel : en octobre 2007 (peu après son élection) Nicolas Sarkozy avait effectué une visite officielle au Maroc. Il avait alors signé une convention à Marrakech par laquelle la France apportait une contribution à hauteur de 900 millions d’Euros pour la réalisation de ce grand projet.
Notons que le marché a été conclu de gré à gré (sans appel d’offres), ce qui a amené la Banque Européenne d’Investissement (BEI) à refuser d’y apporter son concours.
Donc, le financement est assuré pour moitié (920 millions d’euros), semble-t-il par des prêts français à des conditions très favorables. L’apport marocain est d’environ 500 millions d’euros, le reste se répartissant entre le Koweït, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite.

L’Agence française de développement a été mise à contribution:
de fait, le Maroc figure parmi les pays appartenant à la zone de solidarité prioritaires. Une large gamme d’instruments financiers et techniques répond aux besoins de ces pays: subventions, garanties, prises de participation, prêts aidés, prêts à condition de marché et assistance technique.

L’AFD inscrit ses interventions dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement, à la croisée des objectifs de croissance économique, de réduction de la pauvreté et de préservation de l’environnement.

REACTIONS MITIGEES AU MAROC
Des voix se sont élevées mettant en cause l’utilité du projet, dont celle de l’économiste Mohamed Berada, ancien ministre de l’Economie qui a estimé qu’«en cette période de crise, cet argent aurait pu être mobilisé pour financer des projets créateurs d’emplois».

________________________________________

Nicolas Sarkozy lance les travaux du TGV marocain | BFM Business.

Voir informations détaillées sur le projet du TGV marocain

________________________________________

Le Maroc dit oui au TGV, non au Rafale
Lire l’article de l’EXPRESS du 23/10/2007

La France vendra son TGV au Maroc, mais pas son chasseur-bombardier Rafale.

Octobre 2007 : la première visite d’Etat de Nicolas Sarkozy après son élection, c’ est à Marrakech.
La France et le Maroc en ont profité pour signer un protocole d’accord pour la réalisation d’une ligne TGV
entre Tanger et Casablanca. Mais Mohammed VI a préféré le F16 américain au Rafale français.

A l’issue d’un l’entretien entre le président et le roi,
le ministre français de l’Ecologie Jean-Louis Borloo et
le ministre marocain des Transports Karim Ghellab ont signé un protocole d’accord sur la construction d’une ligne de train à grande vitesse (TGV) entre Tanger et Casablanca.

________________________________________

ARCHIVES RATGEMINI

Loi de finance 2010 : l’aide publique au développement │ Le ministère des affaires étrangères et européennes prend en charge la rémunération de l’agence française de développement (AFD)

Des erreurs de stratégie contraignent des groupes étrangers à quitter la Chine

Mattel Barbie
Shanghai, le marché test des entreprises étrangères
Plusieurs enseignes dont Mattel, le géant américain du jouet, Home Depot, le numéro un mondial des chaînes de magasins de bricolage, le distributeur d’électronique grand public, Best Buy n’ont pas su séduire les consommateurs chinois et ont décidé de fermer boutique.
Les entreprises internationales considèrent Shanghai comme un marché test pour leur expansion en Chine.

A l’instar d’autres enseignes étrangères, Mattel n’a pas su séduire les consommateurs chinois.

Mattel avait lancé son magasin phare Barbie Store de Shanghai à l’occasion du 50ème anniversaire de Barbie – dans une tentative d’élargir le marché pour sa célèbre poupée en Chine. Mattel espérait compenser la baisse des ventes dans les marchés traditionnels touchés par la crise financière. Le Barbie Store de Shanghai, construit en 2009 avait coûté 30 millions de dollars et regroupait sur 3300 m² la plus importante collection de ces poupées et des produits dérivés.

Barbie Store de Shanghai : unique au monde, avec ses néons roses, son restaurant et son bar, ce concept devait permettre à Mattel de pénétrer de force le très vigoureux marché chinois. Lors de l’ouverture de ce magasin, la Chine ne représentait que 2,5% des ventes de poupées Barbie dans le monde. Mattel qui s’était fixé comme but d’en faire son premier marché dès 2014, n’a pu que constater une stagnation des ventes. Les objectifs ont été réduits de 30% au cours des huit premiers mois suivant l’ouverture de la boutique. Linda Du, porte-parole de Mattel, préfère parler d’un changement stratégique.

« Barbie aux Etats-Unis c’est une très longue histoire. Les gens ont grandi avec, leurs parents ont grandi avec, de sorte que la reconnaissance de la marque y est très élevée. Par contre, pour les Chinois, Barbie ne représente rien», confie Ben Cavender, analyste chez China Market Research.

Barbie, icône du modèle américain a été boudée par les fillettes et leur mère chinoises qui semblent lui préférer le design d’une Hello Kitty. Les ventes n’ont pas répondu aux attentes et l’entreprise a été contrainte de réduire ses objectifs au cours des huit premiers mois d’existence du magasin. Finalement, au bout de seulement deux ans, Mattel a dû se résigner à fermer son magasin phare Barbie à Shanghai. Mattel a néanmoins déclaré qu’il restait attaché au développement de la marque Barbie en Chine et qu’il envisageait de lancer une nouvelle campagne dans tout le pays plus tard dans l’année.
________________________________________

Un marché très difficile d’accès, de l’avis de Ben Cavender – China Market Research

Les entreprises internationales ont considéré Shanghai comme un marché test pour leur expansion en Chine et Mattel n’est pas le seul à avoir eu des difficultés à s’adapter à ce marché.
Il en ressort que le marché grand public est un marché difficile pour les détaillants étrangers. Les entreprises étrangères manquent, tantôt d’une forte réactivité, tantôt d’un minimum de patience.

Manque d’analyse, pour Patrice Nordey – BNP Paribas Asie

«Il existe un décalage et une défaillance dans l’analyse des goûts de cette population. L’attractivité du marché intérieur chinois amène à beaucoup d’erreurs. Les entreprises veulent être les premières et ne sont du coup plus rationnelles», constate Patrice Nordey directeur de l’Atelier BNP Paribas Asie, basé en Chine.

________________________________________

Home Depot, leader mondial des chaînes de magasins de bricolage,
a fermé son dernier magasin à Pékin.

Home Depot proposait aux Chinois citadins des outils permettant de bricoler eux-mêmes, alors même que ces derniers préfèrent recourir à de la main d’œuvre pour les petits travaux.

En février, , le distributeur d’électronique grand public, Best Buy
a fermé tous ses magasins de marque à Shanghai

pour se concentrer sur ses enseignes locales Jiangsu Five Star Appliance.

Le géant mondial de la décoration d’intérieure, l’américain B&Q,
pourrait être le prochain,

affirme Patrice Nardey, car ce qui est considéré comme un loisir pour les Occidentaux, ne l’est pas forcément pour les Chinois.

Article de la BBC

Article du Figaro

Taxer les importations en provenance des pays émergents?

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=xXRTuh7vPlw] [Reportage de France2 J-20h du 13 sept 2010]

Le Suédois H&M prospère grâce à la surexploitation d’une main-d’oeuvre délocalisée

Pour pouvoir adapter son offre à la perte de pouvoir d’achat de sa clientèle occidentale, H&M s’affranchit de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) en délocalisant.
Au final, le concept de “discount chic” repose sur la surexploitation d’une main-d’œuvre délocalisée qui s’apparente à de l’esclavagisme.
Est-il moral de taxer les importations en provenance des pays émergents?

il y a un an, Nicolas Sarkozy brandissait la taxe carbone, à des fins protectionnistes
[discours du 3 septembre 2009 à la journée de soutien à l’activité et à l’emploi] :

« Je veux que les assiettes (fiscales) changent. On ne peut pas continuer à baser tout le système fiscal sur le travail et se plaindre que les gens délocalisent… »

« Par ailleurs, je demanderai à l’Europe de se doter d’une taxe carbone aux frontières, car je n’accepte pas que l’on continue à importer en Europe des produits venant de pays qui ne respectent aucune règle sociale et aucune règle d’environnement (sic). On les taxera aux frontières… ». Ce ne sont pas les pays d’Afrique (Maghreb inclus) qui sont dans le collimateur de Sarkozy.

Une taxe carbone aux frontières pourrait pénaliser nos exportations

Pour instaurer une taxe carbone aux frontières de l’Europe, il faudrait l’unanimité et cette unanimité n’existe pas. Certains pays, notamment l’Allemagne, y voient une manoeuvre protectionniste qui risquerait d’être interprétée comme une déclaration de guerre par les pays émergents, lesquels pourraient envisager des représailles qui pénaliseraient nos exportations.

En outre, une telle stratégie nécessite un accord au sein de l’OMC,
selon des procédures à la fois très complexes et très longues.

________________________________________

DELOCALISATIONS VS IMMIGRATION

Est-il moral de sanctionner ces populations qui se font exploiter localement par nos entreprises?

Les autorités européennes sont-elles habilitées à donner des leçons en matière de droits de l’homme lorsqu’elles tolèrent que des entreprises européennes ayant pignon sur rue, consentent 18 EUR de salaire mensuel?
Car bien souvent, ce sont les entreprises qui délocalisent, qui font pression pour s’affranchir de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans le pays d’accueil
.

L’économie française n’en sortirait pas forcément gagnante.

Enfin, il y a fort à parier que diriger les transferts sociaux vers une main-d’oeuvre qualifiée qui reste en famille dans son pays, reviendrait moins cher que d’accueillir et d’entretenir des immigrés sous-qualifiés qui désertent leurs pays d’origine et vivent de ces mêmes transferts sociaux, sans contre-partie, tandis que leurs pays d’origine continuent de percevoir des aides au développement.

________________________________________

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=xqwj4nFcj9M] [Reportage de France2 J-20h du 07 oct 2010]

H&M : un business model que l’on cite en exemple

Sous les projecteurs: une success story (magasin prestigieux, multiplication des points de vente, flexibilité et réactivité etc.). Le discount chic à la conquête du monde, avec le suédois H&M, l’américain Gap, l’espagnol Zara et le Japonais Uniqlo.

________________________________________

[ARTICLES RATGEMINI]

Catastrophes en série au Bangladesh │ où en sont les objectifs du Millénaire pour le développement (Onu)?

Quand l’obsession du low-cost pousse l’Europe à sa perte

Initiation à l’esprit d’entreprise :
en Inde, les enfants des rues ont leur banque

L’école “low cost” :
une nouvelle tendance éducative dans les pays en développement

Europe :protectionnisme ou libre-échange?

[dailymotion id=x8cg85]

Opposition de 2 théories : celle du libre-échange (Christian Saint-Étienne) contre celle du protectionnisme européen (Emmanuel Todd).

Contrairement à Emanuel Todd, Christian Saint-Étienne ne pense pas que la crise soit un effet du libre échange. Il rappelle que la crise a débuté en automne de 2008 et que c’est au contraire grâce au libre-échange que des pays comme la Chine et l’Inde ont réussi à se sortir de la pauvreté au cours des 5 années précédant 2008.

Emmanuel Todd rétorque que, dans un premier temps, des pays comme la Chine ont mené une politique d’exportation à tout craint qui leur a permis de décoller. Cette politique s’est nourrie de la destruction de l’appareil industriel des pays développés, provoquant une baisse des revenus, une baisse de la consommation, donc une baisse de la demande, qui maintenant agit et repart en boomerang sur la Chine. La Chine, qui exporte 35 à 40 % de son PIB en période de contraction de la demande mondiale, est menacée de faillite et d’explosion sociale.

Les Etats-Unis sont le « pays le plus libéral du monde »

Emanuel Todd rappelle qu’avec un déficit commercial de 800 milliards USD, les USA ont fait le choix du libre-échange et qu’ils financent leurs importations en utilisant les flux financiers « sur le dos de la planète ». Si les USA voulaient revenir au protectionnisme, ils auraient plus de mal que l’Europe qui, grâce à son appareil industriel encore intact, arrive à équilibrer ses échanges extérieurs. L’Europe est redevenue le centre de gravité industriel et technologique du monde. Le passage des Etats-Unis au protectionnisme entraînerait des baisses du niveau de vie car « ils se nourrissent sans produire ».

Les Etats-Unis savent être protectionnistes dans certains domaines

Christian Saint-Étienne admet un protectionnisme aux USA, mais dans ce cas, il est inspiré par une « politique stratégique » pour les domaines clés (la défense, l’aéronautique etc.). Le problème, selon lui, c’est que l’Europe est le seul espace sans politique stratégique (contrairement aux USA, à la Chine, à l’Inde). Christian Saint-Étienne suggère un libre-échange avec des règles, qui imposeraient un protectionnisme à l’Asie sur la base des normes d’environnement et de droits sociaux.

L’Allemagne pratique un protectionniste implicite

Christian Saint-Étienne pense que les Allemands ont tout misé sur l’export vers l’Asie, quitte à geler les salaires. Emmanuel Todd ajoute que l’Allemagne tire profit de la zone euro et impose un protectionnisme implicite pour gagner des parts de marché sur la France et l’Italie qui ne font pas de la désinflation compétitive. Menaçons l’Allemagne d’en finir avec l’euro si elle persiste.
Une politique protectionniste requiert deux ans pour sa mise en œuvre.

Protectionnisme de plusieurs pays : risque d’implosion de l’Europe

Christian Saint-Étienne reconnaît un danger d’implosion de l’Europe et de l’euro : l’Union Européenne qui représente 1/5 de l’économie mondiale, n’a pas de vision stratégique intégrée.
Nous avons une monnaie commune entre 16 pays sans politique économique commune.

Share