Opération Mali (MAJ) : sommes nous tenus d’être solidaires de notre classe politique?

{Article initialement publié le 15 janvier 2013]

Mise à jour le 17 mars 2014
Voir en fin d’article, la vidéo et le document sur la mine d’or Sadiola

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Où sont passées ces armées africaines qui, le 14 juillet 2010, paradaient sur les Champs Elysées
à l’invitation de Nicolas Sarkozy? Au Mali, ce sont les troupes françaises qui combattent.

Coût estimé de l’ingérence au Mali : 400 000 euros, 1,4 million ou 1,7 million d’euros par jour. {Le Point du 14 janvier 2013]

Coût ahurissant, en cette période de sacrifices inflgés à la population française,
cela pour une cause qui n’est pas la nôtre. Devons nous de surcroît, couvrir tous les agissements de nos grosses entreprises dans les pays en développement?

Enfin, sommes nous qualifiés pour jouer les gendarmes quand les droits de l’homme sont entachés par la corruption de certains de nos acteurs économiques, politiques etc.?

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[dailymotion id=xxelz0]

Tariq Ramadan s’exprime sur l’Intervention au Mali
A l’occasion d’un débat organisé par la TV Suisse et diffusé sur TV5 Monde le 22 janvier 2013

[Voici esquissées les principales idées dont on peut lire l’intégralité sur le blog de Tariq Ramadan] :
La France interviendrait au Nord du Mali pour le bien du peuple,
avec cette seule intention de protéger ce pays « ami » du danger des extrémistes désormais alliés des rebelles touaregs.
Le monde observe, et la classe politique française semble unanime sur le principe d’une intervention militaire au Nord du Mali contre les « islamistes », « jihadistes », « extrémistes ».

Troublante absence de données économiques et géostratégiques
dans la présentation politique et médiatique des faits.

La région ne compte pas moins de cinq bassins des plus prometteurs. Le bassin de Touadenni, à la frontière mauritanienne, a déjà révélé l’importance de ses ressources. Il faut y ajouter les bassins du Tamesna et des Iullemeden (frontaliers avec le Niger), le bassin de Nara (proche de Mopti) et le graben de Gao. L’Autorité pour la Recherche Pétrolière (AUREP) confirme le potentiel du sous-sol du nord Mali en matière de ressources minières (essentiellement gaz et pétrole).

Le gouvernement français et les responsables des multinationales du gaz et du pétrole ont toujours, officiellement, relativisé ou minimisé les découvertes en matière de ressources minières dans la région sahélienne entre la Mauritanie, le Mali, le Niger et l’Algérie (on a même parlé de « mirage malien »). Pourtant les données sont bien plus connues et certifiées qu’on ne le laisse entendre et Jean François Arrighi de Casanova, le directeur Afrique du Nord de Total, n’a pas hésité à parler « d’un nouvel Eldorado » avec d’immenses découvertes gazières et pétrolifères.

Le Mali, la Mauritanie, l’Algérie et le Niger sont les premiers concernés et – avec la chute du colonel Kadhafi – les perspectives d’exploitation se sont ouvertes pour les compagnies françaises (au premier chef Total), italiennes (ENI) et algérienne (Sipex, filiale de Sonatrach) qui ont déjà investi plus de 100 millions de dollars (selon les estimations) en études et forages malgré les difficultés dues à l’aridité et à l’insécurité.

On ne dit rien, non plus, de la longue histoire
des alliances de la France avec les gouvernements maliens successifs,

or, dans les coulisses des bouleversements politiques récents, la France n’a eu de cesse d’interférer, de faire pression, d’écarter les acteurs maliens gênants (politiques ou militaires) et de créer des alliances utiles, aux sommets de l’Etat comme sur les terrains tribal, civil et militaire. Amadou Toumani Touré, renversé par un coup d’Etat le 22 mars 2012, a été grandement fragilisé et isolé après la chute du colonel Kadhafi. Il semble avoir payé le prix de sa politique vis-à-vis du Nord et de ses vues quant à l’attribution des futurs marchés d’exploitation pétrolière. Les liens (parfois difficiles) de la France avec l’organisation sécessionniste, « Le Mouvement National de Libération d’Azawad » (MNLA), ne sont un secret pour personne et permettaient d’établir une zone de fracture entre le Sud et le Nord du Mali bien utile à la lumière des visées d’exploitation de richesses minières très prometteuses.

Nul ne songe à nier l’existence de groupuscules extrémistes et radicalisés qui ont une compréhension coupable et inacceptable de l’islam. Il faut les condamner.
On peut néanmoins s’interroger légitimement sur leur infiltration possible.

Les services de renseignements américains, comme européens, ont admis faire usage de l’infiltration en s’appuyant sur des agents instigateurs. Leurs lieux d’installation et leurs méthodes d’opération pourraient bien être encouragés et orientés.
On constate que ces groupes ont des stratégies politiques contradictoires et ont une propension à s’installer aux lieux exacts où les ressources minières sont un enjeu capital. On le savait en Afghanistan (dans une région immensément riche de pétrole, gaz, or, lithium, etc.) et voilà – on ne comprend pas bien pourquoi – que les « fous » extrémistes s’installent dans le Sahel malien pour y appliquer leur « shari’a » inhumaine et si peu islamique. Dans le Sahel désertique !

On le savait avec George W.Bush, on le voit au Mali, on peut faire un usage utile « des terroristes ». Un chef militaire malien nous disait son trouble lors de notre dernière visite : « On a ordre de les exterminer, de les ‘détruire’ (sic), même quand ils sont désarmés. Pas de prisonniers ! On fait tout pour les rendre fous et les radicaliser ».

Plus largement, le Canard Enchaîné révèle que l’allié de la France, le Qatar, aurait signé un accord avec Total – quant aux exploitations du Sahel – et, paradoxalement, soutiendrait financièrement et logistiquement des groupes radicalisés tels que « les insurgés du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ». [Lire l’intégralité de l’article de Tariq Ramadan]

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[dailymotion id=xxf72y]

Des villages en ruines: l’envers de l’intervention française au Mali.

Au lendemain du voyage victorieux de François Hollande à Tombouctou,
les trois grandes villes du nord du Mali ont été déclarées libérées des rebelles.
Le désastre a frappé de nombreuses familles, de nombreuses maisons.

Beaucoup en arrivent à se demander si pareille victoire en vaut la peine.
Les gens qui ont souffert sous le joug de groupes terroristes et de trafiquants de drogue, affrontent désormais les souffrances de la guerre.

Ne s’agit-il pas, en fin de compte, de crimes de guerre devant être poursuivis en vertu des Conventions de Genève?

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Mais le Mali, ce sont également des Touaregs.
Voici la vidéo officielle “Aratan N Tinariwen”
réalisée par Tamikrest, groupe de musiciens touaregs de notoriété mondiale.

Tamikrest (mot en tamasheq pour le nœud, la coalition, l’avenir) est un groupe de musiciens issus du peuple des touaregs. Le groupe a été créé en 2006. Ils mélangent la musique traditionnelle africaine avec le pop et le rock occidental et chantent en langue tamaschek. L’auteur principal des chansons est le leader du groupe Ousmane Ag Mossa.

Il n’en demeure pas moins que les Touaregs du Mali sont pourchassés
[voir extrait de vidéo de ARTE sur l’exode des touaregs]

Assimilés aux terroristes par les populations noires,
les « hommes bleus » se réfugient de l’autre côté de la frontière.

Dans le nord-est du Burkina Faso, près de Dori, le camp de Goudebou accueillait déjà de nombreux réfugiés touaregs, conséquence dramatique de la rébellion menée de l’autre côté de la frontière en mars dernier par les groupes islamistes comme Ansar Dine ou le Moujao. Jérôme Bonnard et Quentin Cébe – ARTE GEIE (France, 2013, 52mn).

Depuis l‘intervention de l’armée française au Mali le 11 janvier dernier, leur nombre a fortement augmenté. Quasi quotidiennement, des dizaines de camions transportent des familles entières vers Goudebou.

Ces réfugiés seraient aujourd’hui près de 5 000, à 90 % selon HCR qui administre le camp, d’origine touareg. Aujourd’hui dans leur propre pays, ces maliens « à la peau claire » sont souvent assimilés aux « terroristes » par les populations noires qui ont eu à souffrir des exactions des jihadistes. Certains d’entre eux se disent victimes d’une «chasse aux turbans».

Dans un abri de fortune vit désormais Amidi Ag Habo, le maire d’Intahaka, petit village du Nord du Mali victime de récents pillages…

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MAJ du 17-03-2014

[dailymotion id=x1htu2u]

La Mine d’or Sadiola est située au sud-ouest du Mali,
près de la frontière qui sépare le Sénégal du Mali

La mine est située à 500 kilomètres au nord-ouest de la capitale Bamako.
Le Mali, est un pays d’Afrique occidentale sans accès à la mer, entouré de l’Algérie au nord, du Niger à l’est, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire au sud, de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal et de la Mauritanie à l’ouest.
Superficie : 1 240 000 kilomètres² – Population 12 000 000 hb

A la fin des années 80, le gouvernement du Mali entreprit un grand levé géochimique régional, dans le cadre d’un programme d’aide financé par le Fonds européen de développement. Le programme a montré des anomalies importantes d’or, d’arsenic et d’antimoine près des villages de Sadiola et de Dinnguilou.

En 1990, IAMGOLD (producteur aurifère basé à Toronto) obtient les droits d’exploration de la colline de Sadiola et de ses environs.
En 1992, les réserves étaient estimées à 22,3 millions de tonnes de minerai oxydé d’une teneur de 3,3 g Au/t.

IAMGOLD et AngloGold Ashanti (à l’époque, Anglo American) forment une coentreprise afin de construire le site minier. Les actifs aurifères d’Anglo American ont par la suite servi pour créer la plus grande partie d’une entreprise dérivée : AngloGold Ashanti, l’exploitant actuel de la mine d’or Sadiola. IAMGOLD (38 %), AngloGold Ashanti (38 %), gouvernement du Mali (18 %) et Société financière internationale – membre de la Banque mondiale (6 %).

Mali - Morila Mine

Voici un bel exemple de la politique française d’aide au développement, au Mali:
– en août 2006, Bakchich titrait : Bouygues fait grise mine.

Tout commence il y a quelques années quand la Banque Mondiale pousse le Mali – troisième plus grande réserve d’or d’Afrique – à privatiser son industrie aurifère. A Morila (région de Sikasso dans le sud du Mali), la société qui exploite la mine est confiée à deux grandes firmes sud-africaines, Anglogold Ashanti et Randgold Resources, qui se partagent 80% du capital de l’entreprise. L’Etat malien doit quant à lui se contenter des 20% restant, de maigres royalties et de quelques promesses de «développement» de la région.

Satisfaites de cette belle répartition, les multinationales s’empressent de vider le site, inauguré début 2001, de son précieux métal.

Mais, alors que les travaux d’excavation étaient prévus pour durer jusqu’en 2011, les deux tiers des réserves – estimées à 120 tonnes – ont été extraits en seulement… quatre années. Or, les multinationales bénéficient d’exonérations fiscales pendant leurs trois premières années d’activité.

Dans son rapport d’activités de 2006, Randgold Resources’ major indiquait :

Morila Mine – Les activités minières sont sous-traitées à Somadex, qui est une filiale de DTP Terrassement, le bras de l’exploitation minière de l’entreprise de construction française, Bouygues. L’accord de partenariat prévoit le partage des économies qui auront été réalisées par l’entrepreneur sur la base des hypothèses de productivité retenues dans la perspective d’un retour sur investissement.

Alors que Somadex a réussi à maintenir la production en début d’année, vers le milieu de l’année le manque de personnel de maintenance expérimenté a contribué à l’augmentation de pannes de l’usine mobile. Résultat, la production minière a chuté en dessous des prévisions. Des mesures ont été prises par le partenariat pour rétablir la productivité et la situation a commencé à s’améliorer en fin d’année. Somadex s’est également engagé à acheminer une flotte d’équipement minier supplémentaire sur le site, à leurs propres risques, afin de maintenir les niveaux prévisionnels de production

C’est la Somadex, Société Malienne d’Exploitation (sic) filiale de DTP Terrassement(Bouygues)
qui recrute et « gère » la main d’œuvre locale pour le compte des compagnies sud-africaines.

Une « gestion » stakhanoviste et pour le moins musclée, à en croire ceux qui ont travaillé pendant des années à l’ombre des barbelés inviolables de l’usine.
Les griefs abondent : travail douze heures par jour, six jours sur sept ; précarité institutionnalisée ; non-paiement des heures supplémentaires, des congés, des primes de risque ; harcèlement continuel des responsables syndicaux ; surveillance permanente des employés ; vexations en tout genre ; accidents du travail à répétition ; etc.

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La mine d’or de Morila en fin de vie
| Jeuneafrique 18-11-2008
La mine de Morila sera transformée en complexe agricole dès le mois d’avril 2009. Exploité depuis octobre 2000, le principal gisement aurifère du pays s’arrêtera donc après épuisement de sa cinquième carrière. Le traitement des stocks s’étalera toutefois jusqu’en 2013. En huit ans, cette mine aura fourni 5 millions d’onces d’or. 246 milliards de F CFA (492 millions de dollars) de taxes et de droits ont été reversés à l’État. Le projet agro-industriel actuellement à l’étude qui se substituera à l’activité minière devrait réutiliser une partie des équipements déjà présents sur le site.

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Quelques témoignages de la population locale
recueillis dans un article de RFI publié en décembre 2005
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«Les étrangers ramassent l’or sous nos pieds. Mais ici, c’est pire qu’avant». La misère et le chômage n’ont pas reculé depuis l’ouverture, en juillet 2000, de la mine de Morila, à 280 kilomètres au sud-est de Bamako, dans la région de Sikasso, tout près des frontières du Burkina et de la Côte d’Ivoire.

Les villageois font leurs comptes. «La vie coûte plus cher» : les prix ont monté au voisinage des 84 expatriés et sous la pression de la consommation des 688 employés, inscrits dans les registres de Morila SA, avec des contrats de travail à durée plus ou moins déterminée.

«Il n’y a plus de place pour nos enfants dans les écoles surchargées» par les enfants des travailleurs qui se sont succédé sur le site, ces cinq dernières années.

Pollution des eaux usées chargées de cyanure et d’arsenic,
que la mine déverse dans son champ d’épandage.

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DE LEUR COTE, LES FRANCAIS NE SONT PAS EPARGNES :

Abattoirs bretons : des Maliens musulmans à la chaîne porcine
Collinée, « le petit Mali de Bretagne »
La montée d’un certain communautarisme a provoqué des heurts.
Le Maire socialiste préfère parler de « non-Maliens », plutôt que de « Bretons ».
«Le problème c’est que nous avons voulu une intégration tellement forte qu’on en a oublié les autres, les « non-Maliens » »

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COMMENTAIRES RATGEMINI CENSURES PAR LA PRESSE

FIGARO – Mali: la France ralentit le retrait de ses soldats

Plutôt que de connaître la « feuille de paye » des élus, les Français seraient beaucoup plus intéressés à ce que l’utilisation de leurs impôts au profit des « valeurs de la République » soit diffusée. Au final, le Mali creuse-t-il le gouffre financier de la France, ou (peu vraisemblablement) constitue-t-il une source de revenus providentielle pour les Français (hormis les Maliens de Montreuil et de Navarre) ?
En conclusion, soyons clairs: nous demande-t-on de respecter les « valeurs de la République » ou les « voleurs de la République » ? (subterfuge prémédité ou non).
Une chose est sûre : les décisions viennent d’ailleurs. Le gouvernement Français ne serait plus qu’un nid d’emplois fictifs. Encore des dépenses dont on se passerait bien.

FIGARO – Un militaire français tué au Mali

La liste s’allonge…
Mais que l’on ne nous dise pas qu’ils sont morts pour la France. Ces soldats sont morts pour le Mali. Dans le contingent français, pas un seul représentant du Mali (Français d’origine malienne). Pourquoi ? Peu fiables ?
François Hollande devra s’en expliquer tôt ou tard.

Le Royaume Uni accusé de financer un plan de stérilisation contrainte des femmes en Inde

Devanti Devi, 25 ans, mère de trois enfants, vit dans un des Etats les plus pauvres de l’Inde.
Il y a quelques mois, elle a subi une opération de stérilisation, mais les choses ont très mal tourné:

«J’ai repris conscience vers minuit. On m’a fait m’allonger sur un banc.
Je saignais abondamment. Je suis rentrée sans aucun remède. ” se rappelle-t-elle.
“Je souffre toujours de douleurs et de sensations de gêne. Un caillot a formé une boule. Je suis en incapacité totale de travailler. “

Un plan de stérilisation massive (eugénisme), financé par le Royaume Uni

Chaque année, sous la bienveillance des autorités indiennes, environ un million de femmes issues des régions pauvres sont stérilisées pour tenter de juguler la croissance démographique de l’Inde.

Un camp de stérilisation a été installé dans une école.
En janvier, près de 80 femmes y auraient été opérées en l’espace de trois heures. La police a perquisitionné les bureaux d’une ONG en charge du camp et a trouvé une vidéo révélant que les femmes y étaient maltraitées.

De récents rapports révèlent que de nombreuses ONG auxquelles le gouvernement recourt pour faire fonctionner les camps de stérilisation sont en fait financées par des fonds d’aide du Royaume-Uni. Depuis 2005, la Grande-Bretagne a fait don de plusieurs millions de livres à l’Inde, pour financer les stérilisations.

Théorie selon laquelle la surnatalité en Inde, serait responsable des gaz à effet de serre.

Un document récent montre que le Royaume-Uni serait intéressé à réduire la population de l’Inde – pour “réduire les gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement de la planète”. Ne s’agirait-il pas d’une manipulation pour imputer ces fonds à une ligne de crédit dédiée à la protection de l’environnement?

Le Dr Abhijit Das, directeur du Centre for Health and Social Justice (interview en anglais) estime qu'”il y a comme un relent de colonialisme, de racisme et un retour au contrôle démographique de l’époque coloniale. Comme vous n’arrivez pas à gérer vos propres émissions, du fait de votre consommation excessive d’énergie, vous venez dire que les pauvres sont la cause de tous les gaz à effet de serre – c’est tout simplement ignoble “.

Des mouvements de protestation s’organisent contre cette politique de déshumanisation.

Cette affaire choque les défenseurs des droits des femmes qui sont déterminés à mettre fin à la stérilisation sauvage. Selon eux, les médecins sont sous pression pour remplir les quotas et obtenir des primes pour les atteindre. Beaucoup de femmes se trouvent regroupées, sans bien comprendre ce qui leur arrive, pour être traitées dans des conditions déplorables. Certaines ont succombé à une hémorragie post-opératoire.

Devika Biswas, militant des droits de l’homme (interview en anglais):
“Ils méprisent leur dignité et leur vie privée. Elles [ces femmes] sont traités comme du bétail, et après quatre jours, lorsqu’elles sont censées ôter leurs points de suture, personne ne les appelle. Il n’y a aucun suivi. ”

Le mouvement de protestation est loin d’être terminé, mais une chose est sûre : la Grande-Bretagne ferait mieux de ne pas s‘en mêler.
Devi n’oubliera jamais ce qui lui est arrivé ce jour-là.

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Des Roms slovaques dans la ville de Kosice, en septembre 2010. (Photo Petr Josek Snr. Reuters)
Des Roms slovaques dans la ville de Kosice,
en septembre 2010. (Photo Petr Josek Snr. Reuters)

EN SLOVAQUIE, LE SCANDALE DE LA STERILISATION FORCEE DES ROMS [Libération 14-12-2012]

Une ONG( le Centre pour les droits civils et les droits de l’homme) a reçu en France le prix de la Commission nationale consultative des droits de l’homme pour son combat contre une discrimination ethnique pas encore reconnue par la justice européenne.

L’avocate Vanda Durbakova répète inlassablement, depuis près de dix ans, que des femmes roms slovaques ont été massivement victimes de stérilisations forcées, et qu’il y a très peu de raisons pour qu’elles ne le soient pas encore aujourd’hui.
Cela existe depuis fort longtemps: le 14 juillet 1933, le régime nazi vota une loi couchant noir sur blanc une politique de stérilisation forcée des femmes roms.

Le 13 novembre la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rendu un arrêt – c’est le troisième – qui répare partiellement l’injustice subie par trois femmes roms stérilisées sous la contrainte et à leur insu au début des années 2000.

La CEDH a reconnu que les trois femmes ont subi un traitement inhumain et dégradant en violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme; qu’elles ont subi une violation du droit au respect de leur vie privée et familiale conformément à l’article 8 de la Convention.

Pour l’heure, les tribunaux slovaques n’ont accordé aux victimes qu’une réparation financière. Aucun médecin n’a encore été sanctionné pénalement. Et les chances sont maigres pour que l’un d’entre eux le soit un jour.

[…]

WikiLeaks : Dow Chemicals aurait fait espionner les militants pour les victimes de Bhopal

Révélations de WikiLeaks : Dow Chemicals a fait appel aux services de Stratfor (Bureau de renseignement privé américain) pour espionner les militants qui travaillent pour les victimes de la catastrophe de Bhopal. Ces révélations apportent une nouvelle dimension à la dureté de la Multinationale vis-à-vis de la tragédie 1984.

La catastrophe de Bhopal est survenue dans la nuit du 3 décembre 1984.

L’explosion d’une usine Union Carbide (Dow Chemical maintenant) de pesticides a dégagé 40 tonnes d’isocyanate de méthyle (CH3-N=C=O) dans l’atmosphère de la ville.

Cet accident industriel tua officiellement 3 500 personnes, mais fit en réalité entre 20 000 et 25 000 décès selon les associations de victimes. Il y aurait eu 3 500 morts la première nuit et un grand nombre par la suite : la moitié dans les premières semaines et l’autre moitié de maladies provoquées par l’exposition aux gaz. Dans un article du Washington Post consacré aux catastrophes industrielles et notamment la marée noire imputée à BP dans le Golfe du Mexique, le journaliste Paul Farhi évoque un bilan d’ « au moins 12 000 personnes » pour la catastrophe de Bhopal.

Le PDG de l’époque de l’entreprise, Warren Anderson, est accusé de « mort par négligence » pour cette catastrophe et déclaré fugitif par le chef judiciaire de Bhopal le 1er février 1992 pour ne pas s’être présenté à la Cour lors d’un procès. Il vivrait actuellement paisiblement à Long Island dans l’État de New York.
[Lire article Wikipédia]

Le même Dow Chemicals, qui a ardemment résisté à toutes les demandes d’indemnisation et a refusé de nettoyer le site contaminé de Bhopal, n’a pas eu de difficultés à payer les services de Stratfor.[Dailymail 29-02-2012]

Les allégations de Wikileaks sur le recours à des professionnels par Stratfor, y compris les journalistes pour travailler comme informateurs devraient être examinées par les agences en Inde, car il pourrait s’agir d’un problème éthique et juridique.

Les révélations montrent jusqu’où les multinationales peuvent aller pour faire avancer leurs intérêts.

Industrial accidents such as Bhopal are not just an Indian or even a Third World problem
but are industrial disasters waiting to happen.

Les messages couvrent une période allant de juillet 2004 à décembre 2011. Dans un communiqué de presse, Wikileaks révèle les web informateurs de Stratfor, les modes de rétribution, les techniques de paiement par blanchiment et les méthodes psychologiques.

[ARTICLE EN COURS D’ELABORATION]

Boues toxiques en Hongrie – Usine d’alumine en France

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=AWOacor_8Fc]

En dépit du récent contrôle évoqué par Viktor Orban Premier Ministre hongrois, l’usine MAL magyar aluminium est à l’origine d’un déversement de boues rouges toxiques, catastrophe écologique dont l’ampleur reste difficile à évaluer, selon Greenpeace.
Un dirigeant de la société MAL a été arrêté [RFI 11-10-2010]
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BOUES ROUGES TOXIQUES: L’USINE D’ALCAN SOUS SURVEILLANCE

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=PeUABdlyUkw]

Après la catastrophe écologique qui menace la Hongrie, l’attention se tourne vers l’usine d’Alcan (Alcan Rio Tinto) dans les Bouches-du-Rhône, la seule en France à devoir gérer le même type de déchets industriels. Lire l’article complet paru dans le Figaro du 07-10-2010

Alors que les boues rouges toxiques ont gagné le Danube, augurant d’une catastrophe écologique majeure, l’usine française de Gardanne s’estime moins dangereuse que son homologue hongroise. En comparaison, ses résidus contiennent très peu de soude caustique, source de brûlures, et ceux stockés à proximité le sont sous forme solide. Article Usine Nouvelle du 08-10-2010
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L’USINE ALCAN RIO TINTO (EX PECHINEY ALUMINIUM) A GARDANNE

Le rouge domine à Gardanne. Rouge politique puisque la ville minière élit depuis des lustres des maires communistes, mais rouge aussi parce qu’au cœur de la ville se situe une des premières usines mondiales de fabrication d’alumine l’ex usine Pechiney, aujourd’hui usine Alcan

Le procédé de fabrication de l’aluminium commence par l’extraction de minerai de bauxite. La bauxite a été identifiée en 1822 par le chimiste Pierre Berthier aux Baux de Provence, d’où sa dénomination – celle de Gardanne provient aujourd’hui de Boké en Guinée, au 19ème siècle et au début du 20ème, la bauxite provenait du Var.

Le minerai de bauxite contient l’alumine, et pour extraire celle-ci, il faut chauffer le minerai à la vapeur dans des “autoclaves”; dans le mesure où l’énergie première était le charbon, le site de Gardanne était tout indiqué. L’alumine obtenu se transforme ensuite en aluminium par électrolyse, et comme ce procédé réclame beaucoup d’eau, on trouve des usines de production Péchiney ou Alcan dans des vallées alpines telles la Maurienne.

Un des gros problèmes des usines de production d’alumine est celui de la gestion des immenses volumes de déchets de bauxite. Ainsi les anciennes usines de production d’alumine de Marseille de la Barasse et de Saint-Louis ont laissé d’immenses terrils stériles encore visibles dans la zone industrielle des Aygalades, ou une énorme surface rouge dégoulinante visible à des kilomètres au dessus du Griffon près du Stadium à Vitrolles.

Aujourd’hui, les résidus de bauxite (300 000 T par an) sont liquéfiés et transportés au moyen d’un pipeline de 40 km pour être déversés dans la Méditerranée, à 7 km au large par 2400 mètres de fond… aux abords de Cassis.

Des directives obligent Alcan à cesser progressivement les rejets en Méditerranée; aussi les ingénieurs d’Alcan tentent-ils de valoriser et commercialiser la Bauxaline (résidu de bauxite filtré et compressé) comme tout venant pour les routes ou autoroutes, ou comme matériau de comblement… ou comme adjuvant de ciment; mais les cimenteries refusent à cause de la présence de résidus de titane et de soude… Retrouver l’article publié sur le site web de Lakko

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L’ENTREPRISE VERTE ET LES BOUES ROUGES

Les pratiques controversées de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE)
à l’usine d’alumine de Gardanne (1960-1966) – l’usine Alcan.
Télécharger les travaux de Marie-Claire LOISON et Anne PEZET
Université Paris-Dauphine, DRM

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VIDEOS DIVERSES SUR LE GROUPE ALCAN

Durant son existence, une entreprise est soumise à un “cahier des charges” impossible: rentabilité financière, technologie performante, sécurité, respect de l’environnement, bassin d’emploi etc.

Les Salariés d’Alcan bloquent l’usine d’Issoire (Auvergne)

Gestion de l’eau à l’usine d’Alcan Rhénalu à Issoire (Auvergne)

L’explosion de deux transformateurs du groupe Rio Tinto Alcan (Canada).

Rio Tinto voudrait se départir de son usine de La Baie (Canada)

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Ciments: les exigences vertes poussent à délocaliser

[…] Le clinker, matériau de base essentiel dans la production de ciment, alimente les unités de broyage. Le clinker est importé de Turquie, d’Egypte, d’Arabie saoudite, d’Iran et d’Inde, voire de Chine et d’Indonésie […] Le prix d’achat d’une tonne de clinker importée s’élève à environ 40 euros et le coût de la tonne fabriquée en France à 25 euros. Mais une cimenterie nécessite un investissement dix fois plus élevé (environ 300 millions d’euros) qu’un centre de broyage. En termes de prix de vente, le ciment issu de clinker importé peut ainsi devenir compétitif.

« L’écart de prix entre la tonne de clinker importée et celle produite en France s’est réduit d’année en année », constate Sylvain Moreno, le délégué syndical CGT de Lafarge Ciments.

Les coûts de production dans le bassin méditerranéen, au Moyen-Orient et en Asie sont moins élevés qu’en Europe.

Les exigences environnementales poussent aussi à délocaliser des usines gourmandes en énergie et qui émettent beaucoup de CO2. Au grand dam des majors.

« Nous serions confrontés à une distorsion de concurrence si les acteurs procédant à des importations le font depuis des pays non soumis aux mêmes contraintes environnementales qu’en Europe », affirme Vincent Bichet, le PDG de Holcim pour la France et le Benelux.

Cette distorsion de concurrence qui s’annonce concerne les quotas de CO2, payants à partir de 2013, mais aussi les émissions d’oxyde d’azote, de dioxyde de soufre et de chlore. Autant de contraintes auxquels ne sont pas soumis les importateurs de clinker. Au-delà de ces obligations existantes, l’éventuelle taxe carbone pourrait enfoncer le clou. Le Syndicat français de l’industrie cimentière (Sfic) évalue l’impact d’une éventuelle taxe carbone à près de 100 millions d’euros par an pour les industriels présents en France.

Le lobbying va bon train à Bruxelles pour éviter la mise en place d’une nouvelle taxe qui risquerait, selon ses détracteurs, de diminuer la compétitivité des cimenteries françaises et de favoriser les importations. Mais les industriels marchent sur des œufs: la Commission européenne soupçonne les cimentiers – dont Lafarge, Holcim, Cemex et Italcementi – d’entente sur les prix. Une enquête est en cours

Usine Nouvelle : 18 mars 2010 par Olivier James

Lire l’intégralité de l’article : Même le ciment se délocalise !

Tomsk – des déchets nucléaires bien encombrants

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=pSXf6Op7dwc&hl=fr_FR&fs=1&rel=0&color1=0x5d1719&color2=0xcd311b]

Il y a quelques mois, Arte diffusait une enquête sur « le cauchemar des déchets nucléaires ». Il s’agit d’une enquête très intéressante qui nous mène des États-Unis à la Russie, en passant bien entendu par la France. On s’aperçoit que même des pays « avancés » comme les États-Unis, recourent à des méthodes plutôt frustes en réponse à un problème aussi grave.
A propos des technologies du nucléaire, l’astro-physicien Hubert Reeves émet des réserves qui devraient faire réfléchir.

Le documentaire nous rappelle également qu’en 1957 la catastrophe de Tchernobyl a été précédée d’un accident non moins considérable, mais tenu secret, en connivence avec les Occidentaux (la CIA). Il s’agit de Tcheliabinsk. Pour des raisons de droits d’auteur, nous nous abstenons de diffuser ce reportage. L’intégralité du documentaire est commercialisée par Arte.

Toutefois, nous avons souhaité mettre en ligne quelques extraits du reportage sur Tomsk car il met en évidence le cynisme de l’Union Européenne et plus précisément de la France : les pays émergents, dont la Russie, sont sommés de se plier aux injonctions de la “communauté internationale” (alias la gouvernance mondiale) en matière d’environnement. L’Union Européenne, et donc la France (vice versa), s’affranchissent de leurs devoirs les plus élémentaires dans une contribution au stockage et au traitement de leurs propres déchets nucléaires, pour la survie des populations locales et de l’environnement. Qu’il y ait des administrations régionales corrompues en Russie, ne dispense pas EDF (et donc de l’État Français, membre de l’Union Européenne) de ses responsabilités.

D’autant que les régions françaises ne sont pas exemptes de critiques en matière de corruption, même si le phénomène est moins visible.

La France est présente dans la région de Tomsk, par le biais de la région Lorraine (protocole d’accord de coopération technologique dans les domaines de l’innovation, de la science et de la formation). N’a-t-on trouvé aucun thème de coopération dans le domaine du traitement des déchets nucléaires ? N’y a-t-il aucun « pôle de compétitivité » français à même de promouvoir ou de participer à un programme ambitieux ? (la France se posant comme un acteur majeur dans le nucléaire et la Russie étant un acteur non moins respectable).

En opposition à l’obscurantisme de Greenpeace et des écologistes, dont l’idéal est la décroissance et la régression, ne serait-il pas plus avisé de rassembler et dynamiser les compétences, là où elles se trouvent?

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