Bangladesh │ où en sont les objectifs du Millénaire pour le développement (Onu)?

Mise à jour le 24 avril 2015 de l’article publié le 1er mai 2013

Le groupe de textile italien Benetton (United Colors of Benetton) était jusqu’à présent accusé de ne pas vouloir participer au fonds d’indemnisation mis en place huit mois après le drame qui a fait 1.138 victimes. Il devra verser 1 million d’euros aux victimes. Le cabinet d’experts PwC avait réalisé pour Benetton son estimation en se basant sur un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) préconisant 40 millions de dollars pour le fonds d’indemnisation

Source: Rana Plaza : Benetton versera un million d’euros aux victimes

De son côté, Groupe Auchan a décidé de contribuer à hauteur de 1,5 million de dollars au Rana Plaza Donor’s Trust Fund, fond mis en place sous l’égide de l’OIT, l’organisation internationale du travail
Source:
Rana Plaza: Auchan versera 1,5 million de dollars à un fonds d’indemnisation

Commerce : ce que le Rana Plaza a changé

Après le drame du Rana Plaza, le débat demeure vif sur les responsabilités des multinationales en matière sociétale et environnementale. Les industriels s’inquiètent d’éventuels freins à la compétitivité si une loi sanctionne davantage le défaut de vigilance sur les sous-traitants. Mais certains n’ont pas attendu la loi pour prendre les devants.

Source: Commerce : ce que le Rana Plaza a changé

Recherche de survivants dans l'effondrement du bâtiment au Bangladesh [NBCNews.com]
Recherche de survivants dans l’effondrement du bâtiment au Bangladesh [NBCNews.com]

Le bilan du pire accident industriel au Bangladesh le 23 avril 2013 à Dacca, 1.138 personnes sont mortes et plus de 2.000 autres ont été blessées dans l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, qui abritait des ateliers de confection travaillant pour de nombreux groupes étrangers, dont Benetton.

La colère grimpe. [ Le Monde du 9 mai 2013 ]
pourtant, le Bangladesh n’aura eu droit qu’à de simples articles de presse et quelques reportages TV superficiels.

Profondément indécente, la visite appuyée de Valérie Trierweiler au Mali
La France, au travers de grandes marques de l’habillement, dont la responsabilité est engagée dans les récentes catastrophes du Bangladesh aurait été bien inspirée de dépécher sur place Valérie Trierweiler, car c’est au Bangladesh que se trouvent les vraies victimes, car c’est au Bangladesh que se trouvent les esclaves d’aujourd’hui.

Tout autant coupable, le silence de François Hollande à l’égard des victimes du Bangladesh.

Il préfère recevoir avec tous les honneurs, le Président du Mali à l’Elysée.
François Hollande a promis 250 millions d’euros, au profit de la population noire du Mali. Pour quelles contreparties ? (d’autant que Bill Gate a récemment soutiré de l’argent à la France, au profit de cette même Afrique). En outre, des bailleurs de fonds internationaux se sont joints à hauteur de 3 milliards en faveur du Mali.

Cette nouvelle catastrophe du Bangladesh soulève de graves questions:
Théoriquement, le Bangladesh bénéficie d’aides publiques au développement, telles que le programme onusien du Millénaire pour le développement (OMD).

La mise aux normes de sécurité et environnementales de l’industrie manufacturière du Bangladesh ne figure-t-elle pas parmi les objectifs du Millénaire pour le développement ? Et dans ce cas, ne se trouve-t-on pas à financer deux fois un même projet ? C’est peu vraisemblable. Alors, où va le surplus ?

“Les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) forment un plan approuvé par tous les pays du monde et par toutes les grandes institutions mondiales de développement. Date butoir du 31 décembre 2015”. [site officiel de l’ONU]

1. Réduire l’extrême pauvreté et la faim.
2. Assurer l’éducation primaire pour tous.
3. Promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes.
4. Réduire la mortalité infantile.
5. Améliorer la santé maternelle.
6. Combattre les maladies
7. Assurer un environnement humain durable.
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

A l’évidence, l’émancipation économique des pays les moins avancés (PMA) tels que le Bangladesh ne constitue pas un objectif prioritaire. Ce programme ne serait-il qu’un subterfuge?

Autre constat: on vit de plus en plus mal en Europe, mais également en Afrique.

Pourtant, l’Afrique est omniprésente dans les programmes d’aide…
alors, qu’en est-il dans les faits? Comment expliquer l’exode africain?

Le rapport d’activité de 2012 évoque le Bangladesh, sans trop de précisions.
Ce programme onusien est-il piloté par un organe indépendant?
Qui contrôle le circuit des flux financiers (dixaines de milliards d’euros)?
Qui coordonne l’exécution du programme ? L’anonymat est de rigueur.

Des mouvements de révolte ont précédé la tragédie du Bangladesh. Autant de signes avant-coureurs de la désagrégation d’un régime basé sur l’exploitation humaine, la manipulation, les conflits armés.
Les Objectifs du Millénaire pour le développement serviraient-ils d’alibi à des transactions douteuses ?

Dans ces conditions, l’idée de surtaxer les importations de marchandises fabriquées par une main-d’oeuvre restée au pays est tout à fait déplacée.

Il y va de l’intérêt de tous de donner les moyens aux populations de vivre dignement de leur travail, dans leur pays d’origine, plutôt que d’encourager financièrement la désertion vers les pays “développés”, pays eux même en proie au chômage.

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L’industrie du textile embarrassée par le drame au Bangladesh [Figaro du 28-04-2013]

Seuls Primark et Mango ont admis travailler avec des ateliers du Rana Plaza, l’immeuble qui s’est effondré. Benetton, C&A, Carrefour et Wal-Mart sont également soupçonnés d’avoir des relations avec ces fournisseurs. Ce drame soulève à nouveau la question des conditions de travail de la main-d’œuvre à bas coût.

Bangladesh map
Bangladesh map

Les militants de Clean Clothes Campaign (CCC) ont réussi à pénétrer dans les ruines de «Rana Plaza, et ont trouvé les étiquettes et des documents conduisant à de grandes enseignes européennes: l’Espagnol Mango et le Britannique Primark. Sur leur site web, d’autres clients renommés tels le groupe européen C & A, l’Allemand KIK et le Canadien Wal-Mart. Ces marques ont été également impliquées dans l’incendie de l’usine Tazreen, non loin de Savar, où 112 travailleurs sont morts dans un incendie il y a cinq mois. L’Allemand KIK (textile discounter) a été également impliqué dans l’incendie d’Ali Enterprises au Pakistan, qui a fait 300 morts en septembre dernier.

Pour éviter que ces effondrements ne se reproduisent, la CCC invite les entreprises qui pratiquent le sourcing au Bangladesh à signer au plus vite le Bangladesh Fire and Building Safety Agreement.

Ces laboratoires occidentaux qui délocalisent les risques en matière médicale

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La délocalisation des risques en matière médicale.

Pour mener à bien leurs essais cliniques, les laboratoires s’implantent de plus en plus dans les pays émergents, véritable réservoir de patients démunis, sans couverture sociale, potentiellement prêts à tout pour bénéficier d’un traitement gratuit…

En 2007, le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK) a mené les essais du vaccin Synflorix (contre la pneumonie, l’otite et la méningite) sur 14 000 bébés argentins. Quatorze d’entre eux sont morts.

Si le vaccin a été approuvé et se trouve désormais en vente dans 90 pays, GSK a été condamné à payer une amende à l’Etat argentin pour violation des règles éthiques fondamentales dans un essai clinique. Les textes stipulent que tout participant doit donner son « consentement éclairé » à ce genre de protocole.

Or, dans les provinces pauvres d’Argentine où a été testé le vaccin de GSK,
de nombreuses familles sont illettrées.

« Dans beaucoup de cas, on a d’abord injecté le vaccin à l’enfant avant de donner aux parents un document de 20 pages ! », s’insurge Jorge Yabkowsky, président de la Fédération argentine des Professionnels de Santé.

Extraits du reportage : « Argentine, cobayes médicaux »
Série « les Dessous de la mondialisation » – Public Sénat

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LIRE SUR LE MÊME THEME:

Le Royaume Uni accusé de financer un plan massif de stérilisation contrainte (eugénisme) des femmes en Inde.

L’idéologie eugéniste est habitée par l’obsession de la décadence. Dans le contexte de la révolution industrielle, la prolifération désordonnée des classes laborieuses constitue un motif d’inquiétude profond pour les élites victoriennes. Les maux sociaux et sanitaires (tuberculose, syphilis, alcoolisme…) qui se multiplient dans le Royaume-Uni apparaissent comme autant de manifestations de la contamination de l’espèce humaine par les tares congénitales véhiculées par les populations les plus pauvres.

Officiellement, la ligne de crédit est dédiée à la protection de l’environnement (en réalité, une campagne de réduction du taux de fécondité de l’Inde – pour « réduire les gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement de la planète »). [voir vidéo]

Dostoïevski dresse le portrait de ces “nouveaux Russes” qui nous fascinent

Dans le chapitre 4 de son roman « Le joueur », publié en 1866, Dostoïevski ébauche le décryptage de deux philosophies de vie antinomiques : celle des Allemands (incarnant l’Occident capitaliste) et celle des Russes.

“la roulette a été inventée spécialement pour les Russes”

Y a-t-il des règles particulières pour travailler en Russie?
Nos « professionnels» du coaching et de l’accompagnement de prospection en Russie feraient bien de s’inspirer de Dostoïevski, plutôt que de s’égarer dans des « retours d’expérience » d’expatriés sur un prétendu rituel incontournable pour l’entrepreneur français qui ambitionne de réussir en Russie. Tout y passe, dans ces témoignages improvisés: l’initiation au jeu d’échecs, la tradition des bains russes, la vodka etc.

Il manque l’essentiel : l’homme d’affaires, l’investisseur, l’oligarque
russe veut profiter sans délai d’une vie qu’il sait éphémère.

Ce chapitre 4 fournit presque toutes les clés, à l’exception du facteur de corruption, pour appréhender les motivations des hommes d’affaires russes. Mais, en matière de corruption, la France n’est pas en reste.

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Dostoïevski – Le Joueur – Extrait du chapître 4
Roullettenbourg : Alexis Ivanovitch vient de tout perdre au jeu :

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« Après avoir écouté le récit de ma débâcle il [le Français] me fit observer d’un ton mordant et même méchant que j’aurais dû être plus raisonnable et il ajouta (je ne sais pourquoi), que bien qu’il y eût beaucoup de Russes parmi les joueurs, ils ne paraissaient même pas capables de jouer.

Et moi, répliquai-je,
je suis convaincu que la roulette a été inventée
spécialement pour les Russes.

En le voyant sourire dédaigneusement, je lui fis remarquer que j’avais indéniablement raison, car en parlant des Russes en tant que joueurs, j’étais beaucoup plus enclin à les critiquer qu’à les louer, et donc on devait croire le bien-fondé de mes paroles.

– et sur quoi repose votre opinion ? demanda le Français

– sur le fait que la faculté d’amasser des capitaux constitue historiquement le point essentiel, à peu de choses près, du catéchisme des vertus et des qualités de la civilisation occidentale, tandis que le Russe est non seulement incapable d’accumuler un capital mais encore il le gaspille pour rien – que s’en est indécent. Cependant nous autres Russes, nous avons aussi besoin d’argent, ajoutai-je, et par conséquent nous sommes ravis d’avoir recours à des moyens tels que la roulette qui permet de devenir riche tout à coup en deux heures, sans aucun effort. Cela nous séduit beaucoup. Et comme nous jouons comme ça, sans labeur, nous perdons.

– Vous n’avez pas tout à fait tort, remarqua le Français avec suffisance.
– Non, c’est injuste et vous devriez avoir honte de parler ainsi de votre pays, intervint le Général d’un air sévère et imposant.
– Permettez, rétorquai-je, on ne sait vraiment pas, tout compte fait, ce qui est le plus répugnant, de la conduite scandaleuse des Russes ou du procédé allemand d’enrichissement besogneux.
– Quelle idée insensée ! s’exclama le Général.
– Quelle idée russe ! s’exclama le Français.
Je riais et j’avais une folle envie de les aiguillonner.
– Personnellement, m’écriai-je, j’aimerais mieux passer toute ma vie comme un nomade sous une tente kirghize plutôt que de me prosterner devant l’idole allemande.
– Quelle idole ? s’écria le Général qui commença à se fâcher sérieusement.

La manière allemande d’amasser des biens.
Il n’y a pas longtemps que je suis ici et pourtant ce qu’il m’a déjà été donné d’observer et de vérifier, révolte ma nature tatare. Que diable de telles vertus je n’en veux pas. Hier j’ai déjà parcouru une dizaine de verstes dans les environs. Eh bien c’est absolument comme dans les petits livres allemands moraux et illustrés. Partout, chez eux on voit le Vater, ce bon papa effroyablement vertueux et d’une honnêteté inouïe. Il est tellement vertueux qu’on a peur de l’approcher. Je déteste les honnêtes gens qu’on craint d’aborder. Chacun de ces bons Vaters a une famille et le soir on lit à haute voix des ouvrages édifiants. Autour de la maison murmurent ormes et châtaigniers. Le soir tombe. Il y a une cigogne sur le toit. Tout est poétique et touchant à l’extrême…

Ne vous fâchez pas mon Général, laissez-moi vous raconter ces choses émouvantes. Je me rappelle moi-même, feu mon père qui nous lisait aussi, à ma mère et à moi, des livres de ce genre sous les tilleuls du jardin le soir venu. Je puis être bon juge en la matière. Eh bien toutes ces braves familles d’ici sont complètement soumises et asservies au Vater.

Ils travaillent tous comme des boeufs et épargnent comme des juifs.
Supposons que le Vater a déjà amassé tant de florins et il compte sur son fils aîné pour lui transmettre son métier ou son lopin de terre. A cette fin on ne dote pas la fille qui restera vieille fille. Toujours pour la même raison, on vend le cadet en servitude ou à l’armée et cet argent va alimenter la caisse patriarcale. Cela se fait je vous assure, je me suis renseigné et tout ça par honnêteté uniquement, une honnêteté forcenée, à tel point que le cadet est persuadé que c’est au nom seul de cette honnêteté qu’il a été vendu. Et çà, c’est déjà un idéal, quand la victime elle-même se réjouit qu’on s’en aille l’immoler. Et après… après, c’est que l’ainé ne s’en trouve pas mieux. Il y a dans sa vie une Amalchen, l’élue de son cœur, mais pas question de l’épouser parce qu’on n’a pas encore accumulé suffisamment de florins. On continue donc à attendre vertueusement avec conviction et on va au sacrifice avec le sourire. Les joues de l’Amalchen se creusent, elle se dessèche… enfin au bout d’une vingtaine d’années le magot a grossi ; les florins ont été amassés avec honnêteté et vertu. Le Vater bénit son aîné qui a 40 ans et l’Amalchen qui en a 35, dont la poitrine est plate et le nez rouge. A cette occasion, il fond en larmes prononce un sermon et trépasse. L’ainé devient lui-même un Vater vertueux et la même histoire recommence. Quelque 50 70 ans plus tard le petit-fils du premier Vater se trouve à la tête d’un capital considérable. Il le lègue à son fils, celui-ci en fait autant etc. et ainsi de suite au bout de cinq ou six générations cela donne le baron de Rothschild ou Hoppe & Co, et Dieu sait qui. Alors, n’est-ce pas un spectacle grandiose, un labeur héréditaire d’un siècle ou deux, de la patience, de la persévérance, de l’ingéniosité, de l’honnêteté et du caractère, de la ténacité, du calcul et une cigogne sur le toit. Que vous faut-il encore ? C’est une apothéose et de ce sommet ils se mettent eux-mêmes à juger l’univers et les coupables, c’est-à-dire ceux qui ne leur ressemblent pas tout à fait, ils les exécutent sur-le-champ.

Alors voilà, j’aime quand même mieux m’adonner à la débauche à la russe ou m’enrichir à la roulette. Je ne veux pas, moi, être Hoppe & Co au bout de cinq générations. J’ai besoin d’argent pour moi-même et je ne me sens nullement indispensable ou subordonné au capital. Je sais bien que j’exagère, mais tant pis. Ce sont mes convictions.

– J’ignore s’il y a du vrai dans vos paroles, dit le Général songeur, mais je sais, pour sur, que dès qu’on vous lâche la bride, vous commencez à exagérer d’une façon insupportable… »

Initiation à l’esprit d’entreprise – en Inde, les enfants des rues ont leur banque

En Inde, des milliers d’enfants sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Une ONG locale a eu l’idée originale de mettre sur pied une banque gérée pour eux et par eux.
Un élément clé du mandat de la banque est d’aider les enfants à acquérir des compétences entrepreneuriales pour créer un business. La banque leur accorde des prêts pour démarrer. La banque Children’s Development Khazana a ouvert ses premiers bureaux à New Delhi en 2001, avant de se développer dans tout le pays et même à l’étranger.

[wpvideo GeVQv6kE] Children from Indian streets learn art of investment. Above video published by RT : May, 2010

Des milliers d’enfants sont livrés à eux-mêmes dans les rues des villes indiennes. Une ONG locale a trouvé une idée originale pour leur venir en aide : elle a mis sur pied une banque qui gère leur épargne et les initie à la finance.

La banque Children’s Development Khazana, a ouvert ses premiers bureaux à New Delhi en 2001, avant de se développer dans tout le pays et même à l’étranger. Elle compte aujourd’hui 300 branches en Inde, au Népal, au Bangladesh, en Afghanistan, au Sri Lanka et au Kirghizstan.

Mukesh est apparemment un adolescent ordinaire, mais il est un gérant d’une succursale de la banque Khazana de développement pour enfants. Cette banque, presque entièrement dirigée par des enfants s’adresse aux enfants des rues de New Delhi. Les dépôts sont rémunérés.

Selon les jours, il y à plus ou moins d’enfants. Ceux qui ont besoin d’argent font des retraits sur leurs comptes, tandis que ceux qui ont fini leur travail viennent déposer les recettes de la journée.

La banque fonctionne sous l”égide d’une O.N.G. locale “Butterflies”,
et n’appartient à aucune entité commerciale.
L’établissement est ouvert aux enfants de 9 à 18 ans.
Les managers sont élus tous les six mois par les enfants eux-mêmes.
La banque les aide ainsi à acquérir des compétences professionnelles utiles.

“ La banque appartient à tous,” nous dit Rita Panicker, directrice de l’O.N.G. “Butterflies”. “Les clients sont aussi les propriétaires. Dans une banque traditionnelle, vous êtes juste un client, vous n’avez pas votre mot à dire sur la gestion, sur qui peut recevoir une avance et sur l’utilisation de votre argent.”

« Un élément clé du mandat de la banque est d’aider les enfants
à acquérir des compétences entrepreneuriales pour créer un business.
La banque leur accorde des prêts pour démarrer ».

Parveen, 14 ans est fier d’avoir son compte. Il a débuté comme vendeur dans un magasin et arrive à présent à épargner 10 roupies par jour (20 cents). Il nous confie : « Quel que soit l’argent gagné, je le dépose en banque. Quand je serai plus grand, je voudrais faire des études pour obtenir un bon emploi».

Pour des milliers d’enfants des villes et de la campagne de l’Inde,
l’apprentissage de l’art de capitaliser de petites sommes d’argent,
c’est précisément ce qui leur permet de rêver et leur fournit une motivation pour travailler.

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Lire également l’article paru dans 20 minutes du 10-07-2012 :
En Inde les enfants des rues ont leur banque, pour capitaliser sur l’avenir

En juin 2011, la BBC avait réalisé un bref reportage viséo : New bank for India’s child workers (Nouvelle banque pour les enfants qui travaillent en Inde)

Selon l’Unicef, il y aurait 35 millions d’enfants qui travaillent en Inde. Beaucoup d’entre eux sont employés illégalement alors qu’ils devraient être à l’école. Une nouvelle banque a été créée pour aider ces enfant à épargner le peu qu’ils gagnent pour se préparer un avenir meilleur.

Malheureusement, le reportage de la BBC s’en tient à dénoncer le travail des enfants.
Que doivent faire les familles dont les revenus sont insuffisants pour survivre ?
Émigrer en Europe comme le font les Africains (du Nord au Sud) et vivre de mesures sociales, sans contrepartie ?
N’est-il pas au contraire de la responsabilité des grandes puissances d’encourager de telles initiatives locales ou de faire en sorte que les familles aient les moyens d’éduquer leurs enfants? D’autant que ce sont les donneurs d’ordre peu scrupuleux venus des pays développés et appartenant souvent à des groupes multinationaux, qui sont responsables de l’exploitation de cette main-d’oeuvre.
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Taxer les importations en provenance des pays émergents?
Une telle mesure va-t-elle résoudre la question du travail des enfants?

Le slogan « acheter et produire français » : un véritable marché de dupes

L’immigration professionnelle: un slogan de propagande
Tous les immigrés ne sont pas mis à la même enseigne.

Le slogan « acheter et produire français » : un probable marché de dupes

[dailymotion id=xhyj7g]

Sarkozy vante le « produire français » dans une usine de skis Rossignol

Rossignol a relocalisé une partie de sa production de skis.
Bien souvent, la relocalisation est la conséquence d’une erreur de stratégie. Rossignol en est l’illustration: le management précédent avait surévalué l’impact du coût de la main-d’oeuvre dans la structure des prix. L’entreprise a frôlé la faillite.

Pour d’autres entreprises (souvent des PME), l’échec de la délocalisation tient de l’incompétence du management à élaborer une stratégie internationale, certaines entreprises ayant fait l’impasse sur les études de faisabilité qui auraient révélé leur inaptitude au développement de projets offshore.

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Les relocalisations vont-elles sortir la France de l’ornière ?

Dans certains cas, la relocalisation s’accompagne d’incitations financières au retour. Il peut même se faire qu’au moment de la délocalisation, certaines entreprises aient réussi à monter un dossier d’exportation ouvrant droit à des aides financières au départ. Certains dirigeants s’ingénient à nouer des relations d’influence avec les élus locaux.

Le slogan «produire français » est un véritable marché de dupes.

Dans le meilleur des cas, la production sera robotisée, et par voie de conséquence compétitive avec la main-d’oeuvre asiatique, sans compter les gains de transport obtenus par la relocalisation. Résultat: aucun bénéfice pour l’emploi, d’autant plus que les relocalisations ne concernent pas la production en grandes séries.

Les fabricants qui n’auront pas fait le choix de la robotisation, seront incités à recourir à une main-d’œuvre immigrée coûteuse (7 à 10 fois le coût de main-d’oeuvre des pays émergents) sous qualifiée. Mais cet apparent surcoût pour l’entreprise sera partiellement absorbé par les transferts sociaux, auxquels pourront s’ajouter d’éventuels crédits d’impôts et les économies de transport consécutives à la relocalisation.

L’opinion publique a été à la fois abusée et neutralisée.

Les surcoûts de main-d’oeuvre sont à la charge des Français qui se voient infliger la double peine fiscale d’alimenter les transferts sociaux pour participer à la viabilité de l’entreprise et de contribuer au développement du pays d’origine de cette main-d’oeuvre (budget d’aide au développement voté annuellement par le Parlement). En remerciement, le contribuable sera invité à acheter français sans autre argument que de faire preuve de solidarité.

Les relocalisations concernent-t-elles tous les pays en développement?

Au départ, il faudrait s’entendre sur ce que l’on appelle les «pays étrangers». Apparemment, certains pays d’Afrique, dont les pays du Maghreb, ne sont concernés ni par la campagne de relocalisations, ni par la mise en place d’une TVA aux importations.

Même Marine Le Pen se laisse prendre au piège, faute de procéder à une véritable investigation mettant à jour toutes ces perversions du système. L’immigration sous qualifiée et coûteuse pour la France (transferts sociaux croisés et cumulés avec l’aide directe au développement des pays d’origine) a encore de bons jours devant elle, grâce à une campagne unanime pour « acheter français », sans se poser de questions.

Mais ce véritable dumping social et fiscal est-il conforme aux lois internationales de la concurrence?

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Qooq, la tablette qui passe du made in China au made in France

Reportage de TF1 : Une société a relocalisé en Saône-et-Loire sa ligne de production de tablette informatique, initialement basée en Chine, pour démontrer que “l’industrie du 21e siècle” a sa place en Europe.

C’est l’histoire d’une délocalisation. Ou plutôt d’une relocalisation. Qooq a inauguré jeudi une nouvelle ligne de production de sa tablette tactile à Montceau-les-Mines en Saône-et-Loire. Précédemment, la tablette était fabriquée en Chine.

Le spécialiste de l’industrie électronique Eolane, qui sous-traite la production de la tablette dans son usine pourrait embaucher “entre 50 et 100 personnes” en 2012.

Conçue pour un usage essentiellement “domestique”, notamment dans la cuisine, cette tablette made in France sera commercialisée à partir de début novembre, a précisé la société qui espère en vendre 50.000 en 2102.
Son prix, 349 euros, reste inchangé par rapport à celui du modèle assemblé en Asie car le surcoût lié à la main d’oeuvre en France a été “complètement compensé” par l’innovation et par un processus plus automatisé, ce qui en fait une “offre très compétitive”, a-t-on ajouté.

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Paul Raguin parmi les 500 plus grosses fortunes de France

Paul Raguin, PDG d’Eolane, basé au Fresne-sur-Loire, se classe 283e.
Ce sexagénaire, ex-directeur d’une PME horticole, a bâti un groupe d’électronique devenu le premier sous-traitant français du secteur, avec un chiffre d’affaires de 268 millions d’euros. Sa fortune professionnelle est estimée à 145 millions d’euros.
[Magazine Challenges du 7 juillet 2011]

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ARTICLES RATGEMINI

Quand l’obsession du low-cost pousse l’Europe à sa perte

Compétitivité ou aveu d’échec ? La relocalisation

Doit-on taxer les importations en provenance des pays émergents?

Taxer les importations en provenance des pays émergents?

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=xXRTuh7vPlw] [Reportage de France2 J-20h du 13 sept 2010]

Le Suédois H&M prospère grâce à la surexploitation d’une main-d’oeuvre délocalisée

Pour pouvoir adapter son offre à la perte de pouvoir d’achat de sa clientèle occidentale, H&M s’affranchit de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) en délocalisant.
Au final, le concept de “discount chic” repose sur la surexploitation d’une main-d’œuvre délocalisée qui s’apparente à de l’esclavagisme.
Est-il moral de taxer les importations en provenance des pays émergents?

il y a un an, Nicolas Sarkozy brandissait la taxe carbone, à des fins protectionnistes
[discours du 3 septembre 2009 à la journée de soutien à l’activité et à l’emploi] :

« Je veux que les assiettes (fiscales) changent. On ne peut pas continuer à baser tout le système fiscal sur le travail et se plaindre que les gens délocalisent… »

« Par ailleurs, je demanderai à l’Europe de se doter d’une taxe carbone aux frontières, car je n’accepte pas que l’on continue à importer en Europe des produits venant de pays qui ne respectent aucune règle sociale et aucune règle d’environnement (sic). On les taxera aux frontières… ». Ce ne sont pas les pays d’Afrique (Maghreb inclus) qui sont dans le collimateur de Sarkozy.

Une taxe carbone aux frontières pourrait pénaliser nos exportations

Pour instaurer une taxe carbone aux frontières de l’Europe, il faudrait l’unanimité et cette unanimité n’existe pas. Certains pays, notamment l’Allemagne, y voient une manoeuvre protectionniste qui risquerait d’être interprétée comme une déclaration de guerre par les pays émergents, lesquels pourraient envisager des représailles qui pénaliseraient nos exportations.

En outre, une telle stratégie nécessite un accord au sein de l’OMC,
selon des procédures à la fois très complexes et très longues.

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DELOCALISATIONS VS IMMIGRATION

Est-il moral de sanctionner ces populations qui se font exploiter localement par nos entreprises?

Les autorités européennes sont-elles habilitées à donner des leçons en matière de droits de l’homme lorsqu’elles tolèrent que des entreprises européennes ayant pignon sur rue, consentent 18 EUR de salaire mensuel?
Car bien souvent, ce sont les entreprises qui délocalisent, qui font pression pour s’affranchir de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans le pays d’accueil
.

L’économie française n’en sortirait pas forcément gagnante.

Enfin, il y a fort à parier que diriger les transferts sociaux vers une main-d’oeuvre qualifiée qui reste en famille dans son pays, reviendrait moins cher que d’accueillir et d’entretenir des immigrés sous-qualifiés qui désertent leurs pays d’origine et vivent de ces mêmes transferts sociaux, sans contre-partie, tandis que leurs pays d’origine continuent de percevoir des aides au développement.

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[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=xqwj4nFcj9M] [Reportage de France2 J-20h du 07 oct 2010]

H&M : un business model que l’on cite en exemple

Sous les projecteurs: une success story (magasin prestigieux, multiplication des points de vente, flexibilité et réactivité etc.). Le discount chic à la conquête du monde, avec le suédois H&M, l’américain Gap, l’espagnol Zara et le Japonais Uniqlo.

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[ARTICLES RATGEMINI]

Catastrophes en série au Bangladesh │ où en sont les objectifs du Millénaire pour le développement (Onu)?

Quand l’obsession du low-cost pousse l’Europe à sa perte

Initiation à l’esprit d’entreprise :
en Inde, les enfants des rues ont leur banque

L’école “low cost” :
une nouvelle tendance éducative dans les pays en développement

Ciments: les exigences vertes poussent à délocaliser

[…] Le clinker, matériau de base essentiel dans la production de ciment, alimente les unités de broyage. Le clinker est importé de Turquie, d’Egypte, d’Arabie saoudite, d’Iran et d’Inde, voire de Chine et d’Indonésie […] Le prix d’achat d’une tonne de clinker importée s’élève à environ 40 euros et le coût de la tonne fabriquée en France à 25 euros. Mais une cimenterie nécessite un investissement dix fois plus élevé (environ 300 millions d’euros) qu’un centre de broyage. En termes de prix de vente, le ciment issu de clinker importé peut ainsi devenir compétitif.

« L’écart de prix entre la tonne de clinker importée et celle produite en France s’est réduit d’année en année », constate Sylvain Moreno, le délégué syndical CGT de Lafarge Ciments.

Les coûts de production dans le bassin méditerranéen, au Moyen-Orient et en Asie sont moins élevés qu’en Europe.

Les exigences environnementales poussent aussi à délocaliser des usines gourmandes en énergie et qui émettent beaucoup de CO2. Au grand dam des majors.

« Nous serions confrontés à une distorsion de concurrence si les acteurs procédant à des importations le font depuis des pays non soumis aux mêmes contraintes environnementales qu’en Europe », affirme Vincent Bichet, le PDG de Holcim pour la France et le Benelux.

Cette distorsion de concurrence qui s’annonce concerne les quotas de CO2, payants à partir de 2013, mais aussi les émissions d’oxyde d’azote, de dioxyde de soufre et de chlore. Autant de contraintes auxquels ne sont pas soumis les importateurs de clinker. Au-delà de ces obligations existantes, l’éventuelle taxe carbone pourrait enfoncer le clou. Le Syndicat français de l’industrie cimentière (Sfic) évalue l’impact d’une éventuelle taxe carbone à près de 100 millions d’euros par an pour les industriels présents en France.

Le lobbying va bon train à Bruxelles pour éviter la mise en place d’une nouvelle taxe qui risquerait, selon ses détracteurs, de diminuer la compétitivité des cimenteries françaises et de favoriser les importations. Mais les industriels marchent sur des œufs: la Commission européenne soupçonne les cimentiers – dont Lafarge, Holcim, Cemex et Italcementi – d’entente sur les prix. Une enquête est en cours

Usine Nouvelle : 18 mars 2010 par Olivier James

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