Dostoïevski dresse le portrait de ces “nouveaux Russes” qui nous fascinent

Dans le chapitre 4 de son roman « Le joueur », publié en 1866, Dostoïevski ébauche le décryptage de deux philosophies de vie antinomiques : celle des Allemands (incarnant l’Occident capitaliste) et celle des Russes.

“la roulette a été inventée spécialement pour les Russes”

Y a-t-il des règles particulières pour travailler en Russie?
Nos « professionnels» du coaching et de l’accompagnement de prospection en Russie feraient bien de s’inspirer de Dostoïevski, plutôt que de s’égarer dans des « retours d’expérience » d’expatriés sur un prétendu rituel incontournable pour l’entrepreneur français qui ambitionne de réussir en Russie. Tout y passe, dans ces témoignages improvisés: l’initiation au jeu d’échecs, la tradition des bains russes, la vodka etc.

Il manque l’essentiel : l’homme d’affaires, l’investisseur, l’oligarque
russe veut profiter sans délai d’une vie qu’il sait éphémère.

Ce chapitre 4 fournit presque toutes les clés, à l’exception du facteur de corruption, pour appréhender les motivations des hommes d’affaires russes. Mais, en matière de corruption, la France n’est pas en reste.

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Dostoïevski – Le Joueur – Extrait du chapître 4
Roullettenbourg : Alexis Ivanovitch vient de tout perdre au jeu :

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« Après avoir écouté le récit de ma débâcle il [le Français] me fit observer d’un ton mordant et même méchant que j’aurais dû être plus raisonnable et il ajouta (je ne sais pourquoi), que bien qu’il y eût beaucoup de Russes parmi les joueurs, ils ne paraissaient même pas capables de jouer.

Et moi, répliquai-je,
je suis convaincu que la roulette a été inventée
spécialement pour les Russes.

En le voyant sourire dédaigneusement, je lui fis remarquer que j’avais indéniablement raison, car en parlant des Russes en tant que joueurs, j’étais beaucoup plus enclin à les critiquer qu’à les louer, et donc on devait croire le bien-fondé de mes paroles.

– et sur quoi repose votre opinion ? demanda le Français

– sur le fait que la faculté d’amasser des capitaux constitue historiquement le point essentiel, à peu de choses près, du catéchisme des vertus et des qualités de la civilisation occidentale, tandis que le Russe est non seulement incapable d’accumuler un capital mais encore il le gaspille pour rien – que s’en est indécent. Cependant nous autres Russes, nous avons aussi besoin d’argent, ajoutai-je, et par conséquent nous sommes ravis d’avoir recours à des moyens tels que la roulette qui permet de devenir riche tout à coup en deux heures, sans aucun effort. Cela nous séduit beaucoup. Et comme nous jouons comme ça, sans labeur, nous perdons.

– Vous n’avez pas tout à fait tort, remarqua le Français avec suffisance.
– Non, c’est injuste et vous devriez avoir honte de parler ainsi de votre pays, intervint le Général d’un air sévère et imposant.
– Permettez, rétorquai-je, on ne sait vraiment pas, tout compte fait, ce qui est le plus répugnant, de la conduite scandaleuse des Russes ou du procédé allemand d’enrichissement besogneux.
– Quelle idée insensée ! s’exclama le Général.
– Quelle idée russe ! s’exclama le Français.
Je riais et j’avais une folle envie de les aiguillonner.
– Personnellement, m’écriai-je, j’aimerais mieux passer toute ma vie comme un nomade sous une tente kirghize plutôt que de me prosterner devant l’idole allemande.
– Quelle idole ? s’écria le Général qui commença à se fâcher sérieusement.

La manière allemande d’amasser des biens.
Il n’y a pas longtemps que je suis ici et pourtant ce qu’il m’a déjà été donné d’observer et de vérifier, révolte ma nature tatare. Que diable de telles vertus je n’en veux pas. Hier j’ai déjà parcouru une dizaine de verstes dans les environs. Eh bien c’est absolument comme dans les petits livres allemands moraux et illustrés. Partout, chez eux on voit le Vater, ce bon papa effroyablement vertueux et d’une honnêteté inouïe. Il est tellement vertueux qu’on a peur de l’approcher. Je déteste les honnêtes gens qu’on craint d’aborder. Chacun de ces bons Vaters a une famille et le soir on lit à haute voix des ouvrages édifiants. Autour de la maison murmurent ormes et châtaigniers. Le soir tombe. Il y a une cigogne sur le toit. Tout est poétique et touchant à l’extrême…

Ne vous fâchez pas mon Général, laissez-moi vous raconter ces choses émouvantes. Je me rappelle moi-même, feu mon père qui nous lisait aussi, à ma mère et à moi, des livres de ce genre sous les tilleuls du jardin le soir venu. Je puis être bon juge en la matière. Eh bien toutes ces braves familles d’ici sont complètement soumises et asservies au Vater.

Ils travaillent tous comme des boeufs et épargnent comme des juifs.
Supposons que le Vater a déjà amassé tant de florins et il compte sur son fils aîné pour lui transmettre son métier ou son lopin de terre. A cette fin on ne dote pas la fille qui restera vieille fille. Toujours pour la même raison, on vend le cadet en servitude ou à l’armée et cet argent va alimenter la caisse patriarcale. Cela se fait je vous assure, je me suis renseigné et tout ça par honnêteté uniquement, une honnêteté forcenée, à tel point que le cadet est persuadé que c’est au nom seul de cette honnêteté qu’il a été vendu. Et çà, c’est déjà un idéal, quand la victime elle-même se réjouit qu’on s’en aille l’immoler. Et après… après, c’est que l’ainé ne s’en trouve pas mieux. Il y a dans sa vie une Amalchen, l’élue de son cœur, mais pas question de l’épouser parce qu’on n’a pas encore accumulé suffisamment de florins. On continue donc à attendre vertueusement avec conviction et on va au sacrifice avec le sourire. Les joues de l’Amalchen se creusent, elle se dessèche… enfin au bout d’une vingtaine d’années le magot a grossi ; les florins ont été amassés avec honnêteté et vertu. Le Vater bénit son aîné qui a 40 ans et l’Amalchen qui en a 35, dont la poitrine est plate et le nez rouge. A cette occasion, il fond en larmes prononce un sermon et trépasse. L’ainé devient lui-même un Vater vertueux et la même histoire recommence. Quelque 50 70 ans plus tard le petit-fils du premier Vater se trouve à la tête d’un capital considérable. Il le lègue à son fils, celui-ci en fait autant etc. et ainsi de suite au bout de cinq ou six générations cela donne le baron de Rothschild ou Hoppe & Co, et Dieu sait qui. Alors, n’est-ce pas un spectacle grandiose, un labeur héréditaire d’un siècle ou deux, de la patience, de la persévérance, de l’ingéniosité, de l’honnêteté et du caractère, de la ténacité, du calcul et une cigogne sur le toit. Que vous faut-il encore ? C’est une apothéose et de ce sommet ils se mettent eux-mêmes à juger l’univers et les coupables, c’est-à-dire ceux qui ne leur ressemblent pas tout à fait, ils les exécutent sur-le-champ.

Alors voilà, j’aime quand même mieux m’adonner à la débauche à la russe ou m’enrichir à la roulette. Je ne veux pas, moi, être Hoppe & Co au bout de cinq générations. J’ai besoin d’argent pour moi-même et je ne me sens nullement indispensable ou subordonné au capital. Je sais bien que j’exagère, mais tant pis. Ce sont mes convictions.

– J’ignore s’il y a du vrai dans vos paroles, dit le Général songeur, mais je sais, pour sur, que dès qu’on vous lâche la bride, vous commencez à exagérer d’une façon insupportable… »

Trafic d’armes: le Russe Viktor Bout est extradé vers les USA

Extradé de Thaïlande vers les Etats Unis

Viktor Bout, homme d’affaires russe,
tombe dans un piège tendu par la CIA

Bangkok: deux interlocuteurs se font passer pour des représentants des FARC (Colombie).
Il s’agissait en réalité de deux agents de la
DEA (Drug Enforcement Administration).

Viktor Bout est arrêté à Bangkok en mars 2008 sur mandat délivré par les autorités américaines.

Il serait accusé de complicité avec les FARC, pour leur avoir fourni des armes susceptibles d’être utilisées contre des ressortissants et responsables américains.

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Le 20 août 2010, la Cour d’appel thaïlandaise accepte
la requête d’extradition du Russe vers les Etats-Unis.

Avec quatre chefs d’accusation contre lui,
le Russe risque entre 25 ans de détention et la perpétuité.

Alla Bout en est convaincue: son mari serait victime d’une machination de la part de plusieurs experts de l’ONU et d’un certain nombre de politiciens et journalistes américains et britanniques.

Ainsi, les USA pourraient se prévaloir mondialement
d’une grande victoire dans la lutte contre le terrorisme
.

Entre les lignes des communiqués de presse, transparaît l’idée que
même si nous n’avons pas encore réussi à attraper Ben Laden,
la capture de Viktor Bout, n’en reste pas moins un très grand succès.

[RIA Novosti]

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A PROPOS DES ACTIVITES DU RUSSE VIKTOR BOUT

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=1HiKfEu6Ffw]

Interview of Douglas Farah, the author of ‘Merchant of Death’
by Riz Khan from Al Jazeera english

Voir également la playlist sur le trafic d’armes présumé de Viktor Bout
Spécial investigation: Reportage de Canal+ datant de juin 2009
Vidéos x 3

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Le Ministère russe des Affaires étrangères dénonce une manipulation politique:
le 16 novembre, l’homme d’affaires russe Viktor Bout,
a été “illégalement” extradé de Thaïlande vers les Etats-Unis.

Dans une interview à la BBC, Léonid Velekhov, rédacteur en chef adjoint de la revue “Sovershenno sekretno” (Top Secret) se dit médusé face à une réaction aussi brutale.
Viktor Bout est considéré comme l’un des plus grands marchands d’armes du monde.
Il est protégé comme un homme d’Etat.

Pavel Felgenhauer , expert militaire indépendant, pense que les autorités russes pourraient craindre que Viktor Bout ne soit poussé à faire des révélations pour sauver sa peau.

Les États-Unis continuent de régenter la politique mondiale et les relations internationales, contribuant en quelque sorte, à l’instauration d’un monde unipolaire.

De l’avis de Pavel Felgenhauer (interview BBC) la situation est complexe.
Viktor Bout jouait un rôle important dans les réseaux internationaux de trafic d’armes,
dans la mesure où il approvisionnait diverses régions du monde.
Les transactions se sont poursuivies après son arrestation, car il ne constituait pas un maillon vital, mais à l’évidence, Viktor Bout sait beaucoup de choses.

Viktor Bout dispose donc d’un atout pour obtenir l’atténuation de sa part de responsabilité en cas de procès devant la justice américaine…
sinon, c’est la prison à vie.

“Si Viktor Bout venait à témoigner, certaines personnes pourraient être touchées, dont beaucoup occupent actuellement des postes importants”, – dit Pavel Felgenhauer.

Selon l’expert, le scandale pourrait concerner non seulement la Russie mais aussi l’Ukraine, la Biélorussie, le Kazakhstan et certains pays d’Europe de l’Est.

Au final, l’incident ne devrait pas entacher les relations entre Moscou et Bangkok.

Quant aux relations avec Washington, Felgenhauer pense que les autorités russes vont attendre de voir si Viktor Bout va collaborer et quelle sera l’attitude des Américains.

[BBC – Russie 16-11-2010]

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armes de corruption massive 2

En vingt ans, Viktor Bout est devenu l’archétype du vendeur sans scrupule d’armes légales et illégales, et l’un des plus réputés.
Lors de la chute de l’URSS, fin 1991, cet ancien pilote militaire – à moins qu’il n’ait été un agent du renseignement militaire, le GRU, ou les deux – n’a que vingt-quatre ans. Dès cette époque, il livre à des clients étrangers des stocks d’armes et de munitions issus des arsenaux de l’empire déchu, que vendent les officiers des forces armées.

Banal, selon William Odom, spécialiste américain de la dislocation de l’ex-URSS : ” Dans les républiques baltes et au Tadjikistan, les vols et les ventes d’équipement militaire étaient endémiques. En 1990-1991, les armes, les véhicules et d’autres matériels des forces terrestres se retrouvaient dans des mains civiles à une vitesse alarmante.

À cette époque aussi, des milliers d’avions de transport fabriqués par les Soviétiques pour la compagnie Aeroflot, qui les utilisait tant pour les vols civils que pour les missions militaires, rouillent sur des centaines de pistes d’aviation. Portes ouvertes, vitres brisées, câbles dénudés, pneus crevés, tous ces Antonov, Iliouchine, Yakovlev et autres Tupolev sont alors à qui veut les prendre et les faire voler, après avoir effectué des réparations sommaires.

Des éléments de l’appareil militaire russe, sans doute membres des services secrets de l’armée, le GRU, commencent par fournir trois Antonov à Viktor Bout, pour une misère : 120 000 dollars.

C’est là que commence sa fortune. Ses trois premiers avions s’envolent d’abord pour le Danemark, d’où ils repartiront pour les juteuses routes du tiers monde.

Selon un rapport très fouillé d’Interpol, datant du 4 décembre 2000, Bout s’installe cinq ans plus tard, en 1996, sur l’aéroport d’Ostende, dans les locaux tout juste libérés par une autre société, Aviation Network Group (TAN Group), qu’il possède à 50/50 avec le Français Michel Victor-Thomas.

Au départ, Bout n’est pas propriétaire de la totalité de sa flotte.
Dans un premier temps, ses commanditaires russes lui ont loué ces appareils, charge à lui de les remplir d’armes issues là encore des arsenaux de Russie ou des pays de l’ex-URSS, d’encaisser les dollars et de rétribuer ses protecteurs. Il se passera vite de leur parrainage…

Sa flotte d’avions militaires russes – il en exploitera jusqu’à cinquante – se promènera à l’intérieur d’une nébuleuse de compagnies aériennes, qu’il possède en tout ou partie, ou dont l’exploitation passe par d’impénétrables contrats d’affrètement.

Au Zaïre (devenu République démocratique du Congo en 1997), Bout est payé en diamants et en coltana par le MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean- Pierre Bembab. Russe et espion, il a fréquenté le continent noir du temps du communisme comme jeune officier du GRU, le renseignement militaire.

Et c’est en Angola qu’il aurait définitivement attrapé le virus, quand il y était interprète pour des observateurs russes de l’ONU appartenant à l’UNAMEV I, une mission qui dura de 1989 à 1991 pour vérifier le déplacement des troupes cubaines.

Les zones de conflit en Afrique sont d’autant plus adaptées au transport aérien que les pistes sont nombreuses, les vols discrets permettant d’échapper sans difficulté aux contrôles et aux formalités.

Dans un document sur la contrebande aérienne d’armements, le Quai d’Orsay remarquait en 2006 que ” d’autres techniques impliquent les vols “en relais” au cours desquels la marchandise est déchargée à un point d’expédition, puis envoyée vers sa destination finale par un autre avion.

Plus le nombre de points de transbordement et d’avions impliqués est grand, plus l’expédition et la destination finale des livraisons d’armes peuvent être brouillées, compliquant la tâche des autorités nationales dans l’identification et le dépistage des envois suspects et des acteurs impliqués “.

En 1994, lorsque la France lance l’opération Turquoise au Rwanda, c’est lui qui achemine en partie troupes et matériels grâce à un pont aérien fort profitable.

Que Viktor Bout ait convoyé illégalement des armes vers tous les rebelles de la terre aurait dû inciter les gouvernants des États démocratiques à la prudence.

Une opération de piégeage est montée contre lui par la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine pour l’attirer en Thaïlande et l’y jeter en prison avant de l’extrader.
Question de commodité juridique

Le gouvernement des États-Unis accuse Bout d’avoir fourni des armes à plusieurs régimes sous embargo de l’ONU, dont l’Afghanistan, l’Angola, la République démocratique du Congo, le Libéria, le Rwanda, la Sierra Leone et le Soudan.
Sa fortune aurait été estimée en 2007 par la justice américaine à 6 milliards de dollars.

Viktor Bout veut livrer des armes aux FARC colombiennes, qui pratiquent le trafic de drogue et ont enlevé des citoyens américains. Trois faux clients qui se font passer pour des membres des FARC prétendent lui acheter pour plusieurs millions d’euros des roquettes antichars et des missiles sol-air 9K38-Iglaa qui seraient largués dans la jungle au bout de deux cents parachutes.En contact avec Andrew Smulian, un associé de Viktor Bout, les agents américains négocient aux Antilles néerlandaises, puis à Copenhague (Danemark) et enfin à Bucarest (Roumanie).

Le 6 mars 2008, la réunion avec ses pseudo-clients des FARC, au
business center de l’hôtel Sofitel de Bangkok, se termine par son arrestation, et celle d’Andrew Smulian, par des agents américains avec l’appui de la police thaïlandaise.

La justice thaïlandaise refuse l’extradition, au motif qu’elle ” ne possède pas l’autorité lui permettant de punir des actes commis par des étrangers contre d’autres étrangers dans un autre pays “.

Finalement, son extradition s’est produite le 16 novembre 2010, vers les États-Unis où l’attendait une condamnation à la prison à
vie.

Il s’agit d’un résumé du chapître consacré à Viktor Bout dans “Armes de corruption massive” qui évoque par ailleurs les grandes affaires de corruption qui secouent les milieux politiques français.

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LORD OF WAR
Version française de la bande annonce:

[dailymotion id=xbkcj]

TRAILER V.O. :
Lord Of War 2005 thriller film by Andrew Niccol with Nicolas Cage

Nicolas Cage’s character in the film Lord of War is a composite of Leonid Minin (Ukrainian) and suspected arms smuggler Viktor Bout (Russian).

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Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers SAS « LE PIEGE DE BANGKOK» – 2009.

Viktor Bout est également au cœur du roman de
Gérard de Villiers qui a eu plusieurs fois l’occasion de s’entretenir avec l’homme d’affaires russe, dans sa prison en Thaïlande.

À 24 ans (à la désintégration de l’URSS en 1989) Viktor Bout avait monté un petit empire de transport et de vente d’armes, grâce aux innombrables stocks de matériel militaire orphelins, en Russie, en Ukraine, en Biélorussie ou au Kazakhstan.

Ancien officier soviétique reconverti dans la vente de matériel de guerre aux pays sous embargo, il était alors connu pour ses innombrables transports d’armes, de diamants, d’or et même d’hommes, grâce à une véritable flotte aérienne d’avions-cargos en leasing, opérant à partir des Émirats Arabes Unis.

Tout le monde faisait appel à lui :

les trafiquants de diamants du Libéria ou de Sierra Leone, les talibans alors au pouvoir à Kaboul où une guérilla antimarxiste comme l’UNITA angolaise pour acheter des armes.

Les Américains, à court d’avions de transport, l’avaient utilisé pour acheminer du matériel en Irak et en Afghanistan. Les Français, de leur côté, avaient choisi en 1994, une des compagnies de Viktor Bout pour transporter les 2 400 hommes de
l’opération « Turquoise » de la France au Rwanda.

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Moscou – Art Interdit 2006 – le tribunal a donné raison au peuple

Art Interdit 2006 – Iouri Samodurov et Andrei Erofeev condamnés à une amende.
Victoire des Orthodoxes. Provocation “anarchiste” – Vidéos des évènements.
Irina Lebedeva (Directrice de la Galerie Tretiakov) réservée sur le transfert d’œuvres religieuses vers des lieux de cultes.

[dailymotion id=xdz2pt]

Le Blog Figaro “Echos de Russie” a publié un article : “Procès de l’art ou de la religion?”:
“Lundi 11 juillet, Iouri Samodourov et Andreï Erofeev, respectivement ancien directeur de la galerie Tretiakov, et curateur de l’exposition Art Interdit, ont été condamnés par un tribunal moscovite à une amende de 9000 euros, pour avoir organisé en 2006 cette fameuse exposition qui parodiait la religion orthodoxe.” [lire la suite sur Le Blog Figaro “Echos de Russie]

Lire également l’article publié sur le site de France 2:
Art interdit: des amendes pour les organisateurs

Andreï Erofeev est né à Paris : cela lui vaudra peut-être la légion d’honneur.

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[dailymotion id=xe0a76]

Le verdict vient de tomber : en autorisant l’exposition d’œuvres profanatoires (Art Interdit 2006),
Iouri Samodurov et Andreï Erofeev se sont attaqués au plus profond de l’âme russe.
La Religion Orthodoxe est l’un des piliers de l’identité culturelle russe et constitue l’un des derniers bastions de résistance du peuple face à la montée d’un régime d’oppression né de la globalisation.

A noter que le soutien des “organisations humanitaires” n’est allé qu’aux seuls iconoclastes.
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[dailymotion id=xfnfke]

Alors que le tribunal venait de rendre son verdict, l’activiste Piotr Verzilov a fait irruption dans la salle d’audience et a ouvert un sac d’où se sont échappés des centaines de cafards.
Dans la vidéo ci-dessus, nous assistons à son arrestation pittoresque sous l’escorte des Orthodoxes.

A plusieurs reprises, Piotr Verzilov parle au nom du Voina Group.
Dès 2008,Andrei Erofeev, bénéficie du soutien de ce groupe subversif dont voici quelques slogans :
“Censorship SUX”; “Cop in a churchies cassock”; “The feds don’t fuck us – we fuck the feds”; “Bad ‘n stinky, ye grey cloudy face”; “Orthodox folk – make love with thy art”; “Fuck culture – hail the nasty judge”; “Higher, higher with the black flag – the state’s our main foe”.

Les actions de Voina Group nous ramènent aux heures de Woodstock – 40 ans en arrière.
Les “organisations humanitaires” ont bien entendu pris fait et cause pour tous ces iconoclastes.

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POUR AUTANT, ON NE SAURAIT CAUTIONNER L’OBSCURANTISME RELIGIEUX.

Irina Lebedeva (Directrice de la Galerie Tretiakov)

Dans une interview publiée le 20-04-2010 par Novye Izvestia,
Irina Lebedeva (Directrice de la Galerie Tretiakov) évoque la controverse entourant le transfert d’œuvres religieuses vers des lieux de cultes.

Les partisans du projet de loi estiment que les œuvres religieuses doivent être restituées à l’Eglise. Les conditions de conservations seront-elles toujours optimales ?

Irina Lebedeva rappelle qu’avant même la Révolution, certaines œuvres avaient fait l’objet de travaux scientifiques, permettant la publication d’ouvrages de référence, appréciés des chercheurs.

Avant la révolution, de nombreuses icônes étaient entreposées dans les débarras d’églises ouvertes au culte. Au début du XXe siècle, certaines de ces icônes ont été transférées dans les musées.

“La Trinité” d’Andreï Roublev a été découverte au début du siècle dernier. Depuis, elle est devenue un trésor national. Mais nul n’a idée de l’état dans lequel elle a été récupérée, avec des rajouts de couches de peinture et de vernis. La plupart des icônes exposées, ont nécessité de minutieux travaux de restauration pour en restituer l’aspect d’origine.

Interview d’Irina Lebedeva – Directeur de la Galerie Tretiakov (en russe)
«L’église n’a pas les moyens d’assurer la conservation des icônes»

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Y a-t-il des règles particulières pour travailler en Russie?

“La bienveillance du pouvoir politique est un ingrédient indispensable au traitement des affaires en Russie. Les patrons des plus grandes entreprises de l’Hexagone le savent bien qui se pressaient nombreux dans les locaux parisiens du Medef, mardi 2 mars, à la rencontre de Dmitri Medvedev, le président russe, au deuxième et dernier jour de sa visite officielle en France.”

Voici un article du Monde, éloquent malgré lui, sur la maladresse de certains chefs d’entreprises dans la conduite des affaires à l’international, notamment en Russie.

L’article nous révèle aussi l’incompétence des institutionnels dans les affaires d’export. Ainsi, l’auteur se fait l’écho de prétendues « règles pour travailler en Russie ». Une idée que colportent obstinément des organismes tels que Ubifrance, les Missions économiques, certaines Chambres de Commerce, les Fédérations professionnelles inféodées au Medef, certaines agences régionales etc.

Règle n° 1 :
“rien n’est possible sans un partenaire local.
Celui-ci peut être politique, comme la mairie de Moscou, qui aide Renault dans ses projets de modernisation d’Avtovaz, le producteur russe d’automobile, ou industriel, comme le géant énergétique Gazprom, le partenaire de GDF-Suez.

Dans tous les cas, le “partenaire” protège. Il correspond à la vieille règle du sviaz (“protecteur influent”), qui aplanira les conflits avec l’administration. “L’interventionnisme public est très fort en Russie. Et cela, à tous les niveaux – fédéral, régional ou local”, dit un industriel qui ne souhaite pas être cité.”

Voudrait-on nous faire croire que pour des entreprises de la taille de Renault, de GDF-Suez ou des leaders du BTP cette règle n’a pas cours en France? Que toutes nos collectivités locales sont exemptes de tout soupçon ?

Règle n° 2 : pour intéresser un partenaire russe, il faut soi-même faire la preuve de son influence. “Quand vous partez en Russie au sein d’une délégation conduite par le président de la République, les Russes en concluent que votre projet est soutenu au plus haut niveau”, dit Philippe Millet, président d’IFE, une société immobilière.

Il y a de quoi être médusé devant de telles fadaises. Pense-t-on que les Russes sont suffisamment dupes pour se laisser impressionner de la sorte ? Tant d’immaturité de la part de certains « hommes d’affaires » dans leur approche de la Russie laisse perplexe.

Règle n° 3 :
“Il faut payer de sa personne. Apprendre le russe sera perçu comme un signe d’intérêt très fort. La relation avec un partenaire se construit ensuite sur la durée avec des dîners, des invitations, des signes d’amitié, voire des petits cadeaux : une terrine de foie gras, du parfum, du champagne…”

Existe-t-il un seul pays au monde où les entrepreneurs soient insensibles à des cadeaux d’affaires? Les Français seraient-ils rustres à ce point qu’il ne leur viendrait pas spontanément à l’idée de venir avec un petit cadeau ? C’est une simple question de savoir vivre.

“Un groupe industriel français a choisi de financer des matches de football inter-entreprises. “Quand notre équipe affronte celle d’une entreprise avec qui nous sommes en négociation, on demande à nos joueurs de perdre le match avec élégance“, raconte le patron français.”

Il devait vraisemblablement s’agir d’un petit business. Lorsque l’on veut réellement faire avancer une affaire, il faut y mette les moyens quel que soit le pays. Rappelons pour l’anecdote que le milliardaire André Guelfi avait financé une piscine olympique pour obtenir un contrat Elf.

Règle n° 4 :
“Il faut faire preuve d’endurance. La mission économique UbiFrance de Moscou l’explique aux investisseurs : “Ce n’est pas parce que vous avez passé une soirée inoubliable (sous entendu : à multiplier les toasts à la vodka), que vous signerez un contrat le lendemain.” “Les procédures sont lentes en Russie”, explique Jean-François Cirelli, vice-président de GDF-Suez. “Même quand on a conclu un accord, la formalisation juridique prend du temps.” Tempêter contre un contrat qui tarde, un rendez-vous qui ne vient pas, est contre-productif.

Au contraire, un intérêt soutenu dans les temps morts ou même quand un projet paraît abandonné lui conserve ses chances de refaire surface un jour.”

On croit rêver. Les chefs d’entreprise, dignes de ce nom, ont-il réellement besoin d’être maternés par les agents de la fonction publique ou assimilés? Assurément non. Ils ont besoin de financements à l’export, avec liberté absolue de faire appel au secteur conccurentiel. Donnez leur accès aux budgets détournés par ces organismes para-publiques et ils sauront redresser le commerce extérieur.

 

Lire la source : La complainte des patrons français au président Medvedev
Yves Mamou |LE MONDE | 03.03.10

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LIRE EGALEMENT

Des Russes prêts à tous les risques pour saisir le bonheur avant qu’il ne se sauve

Une jeunesse russe qui ne séduit pas le journal Le Monde

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=eyQ6qZubCJM&hl=fr_FR&fs=1&]

A défaut de tomber sous le charme de la jeunesse russe pro-Poutine (les Nashi),
le journal Le Monde tombe sous le coup d’une poursuite en diffamation par leur mouvement.
Trois orthographes possibles :
Nashi (anglais ou phonétique), Naschi (allemand) ou Nachi (presse française).
Arte 13-01-2010 nous relate cet évènement récent : 3 journaux étrangers : Le Monde, le Journal du Dimanche (JDD) et Frankfurter Rundschau sont poursuivis en diffamation par le mouvement des Nashi.

Ne connaissant pas le détail du dossier, nous nous garderons de porter un jugement sur le caractère diffamatoire des articles. L’essentiel n’est pas là.

Marie Jégo semble consternée par les Nashi.
Si l’on en juge par la vidéo, “le piquet permanent à l’entrée de son domicile” selon ses termes, paraît bien inoffensif. Rentrer chez soi, en banlieue parisienne est surement plus périlleux.
Le reportage sur les Nashi, nous montre une jeunesse extrêmement sympathique, cultivée, enthousiaste, travailleuse et patriote (rien à voir avec notre diversité).

Marie Jego est correspondante du journal Le Monde à Moscou.
Pour combler quelques lacunes, je suis allé sur le moteur de recherche du Monde pour y chercher ses articles les plus marquants sur la Russie. C’était oublier que le Monde est l’un des journaux qui a instauré la consultation à péage. Gratuitement, vous n’avez accès qu’aux titres des articles parus durant la dernière quinzaine. Au-delà de 15 jours, l’article est archivé et sa consultation réservée aux abonnés. Donc, impossible d’avoir une idée précise des articles du Monde sur la Russie.

Marie Jégo nous parle de la Convention européenne des Droits de l’Homme sur la liberté d’opinion… Cette Convention n’a-t-elle pas songé à défendre l’accès libre à l’information? Je suis preneur.

A la rescousse de Marie Jégo :

Alexandre Podrabinek, correspondant du service russe de Radio France Internationale à Moscou. Un professionnel de la dissidence.

Autre dissident, Oleg Panfilov qui, bien que né en 1957, déclare à propos des Nashi : « Leur comportement, leurs tactiques, leurs menaces, ça rappelle beaucoup ce qui se passait dans l’Allemagne nazie des années 30 ». Rappelons que les jeunesses hitlériennes brûlaient les oeuvres culturelles (autodafé). Aujourd’hui, Oleg Panfilov, Directeur IFEX, a pris la nationalité géorgienne.

Curieuse attitude que celle de RFI et IFEX, de recruter des personnages “à problèmes” qui ont un contentieux personnel à règler avec la Société. Ces “écorchés vifs” semblent manipulés pour parasiter la libre communication entre les peuples. Ils appartiennent au passé.

Romain Goguelin (de France 24) a bien tenté de diaboliser les jeunes pro-Poutine,
mais sa vidéo (malheureusement introuvable sur le site de France 24)
a achevé de me convaincre : je suis résolument séduit par les Nashi !
(nous parlons de son reportage du 30 juillet 2007, sur France 24 : le camp d’été des “Nachi”),
dont nous avons extrait 2 très brèves interviews (respect des droits d’auteur oblige):
– une jeune adhérente nous confie s’opposer fermement à une Révolution Orange
(et nous la comprenons quand on voit l’état de l’Ukraine aujourd’hui)
– Vassili Yakimenko, Président de l’Agence de la Jeunesse de Russie, est lucide :
il ne souhaite pas voir son pays finir comme l’Irak (avec la mondialisation comme toile de fond).

[dailymotion id=xf5p80]

Le Forum des jeunes de Russie “Seliger-2009” s’est déroulé en Juillet-Août, sur les bords du lac Seliger, au nord de Moscou. Plus de 40 000 jeunes y ont participé. L’un des objectifs était de mettre en lumière les jeunes talents qui contribueront au développement de l’économie russe. Mais selon le Président de l’Agence fédérale de la Jeunesse (Rosmolodezh) Vassili Yakimenko, ce n’est que le début d’une œuvre gigantesque.

Pour participer au Forum il fallait s’inscrire préalablement sur Internet et être porteur d’un projet dans le secteur de son choix (scientifique, écologique, artistique voire social).
Des cours et des ateliers étaient animés par d’éminents hommes politiques, hommes d’affaires, etc.

Près de 1800 contrats ont été signés pour un montant de 245 millions de roubles (près de 6 millions d’euros). Les gouverneurs des régions devront apporter leur soutien à la réalisation des projets validés.

Seliger-2010 :
Chaque section sera parrainée par un sponsor. Ce sera notamment le cas des projets innovants. A l’avenir, on envisage d’inviter des jeunes d’autres pays pour former une section internationale.

Moscow Time – 15-09-2009

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Tomsk – des déchets nucléaires bien encombrants

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Il y a quelques mois, Arte diffusait une enquête sur « le cauchemar des déchets nucléaires ». Il s’agit d’une enquête très intéressante qui nous mène des États-Unis à la Russie, en passant bien entendu par la France. On s’aperçoit que même des pays « avancés » comme les États-Unis, recourent à des méthodes plutôt frustes en réponse à un problème aussi grave.
A propos des technologies du nucléaire, l’astro-physicien Hubert Reeves émet des réserves qui devraient faire réfléchir.

Le documentaire nous rappelle également qu’en 1957 la catastrophe de Tchernobyl a été précédée d’un accident non moins considérable, mais tenu secret, en connivence avec les Occidentaux (la CIA). Il s’agit de Tcheliabinsk. Pour des raisons de droits d’auteur, nous nous abstenons de diffuser ce reportage. L’intégralité du documentaire est commercialisée par Arte.

Toutefois, nous avons souhaité mettre en ligne quelques extraits du reportage sur Tomsk car il met en évidence le cynisme de l’Union Européenne et plus précisément de la France : les pays émergents, dont la Russie, sont sommés de se plier aux injonctions de la “communauté internationale” (alias la gouvernance mondiale) en matière d’environnement. L’Union Européenne, et donc la France (vice versa), s’affranchissent de leurs devoirs les plus élémentaires dans une contribution au stockage et au traitement de leurs propres déchets nucléaires, pour la survie des populations locales et de l’environnement. Qu’il y ait des administrations régionales corrompues en Russie, ne dispense pas EDF (et donc de l’État Français, membre de l’Union Européenne) de ses responsabilités.

D’autant que les régions françaises ne sont pas exemptes de critiques en matière de corruption, même si le phénomène est moins visible.

La France est présente dans la région de Tomsk, par le biais de la région Lorraine (protocole d’accord de coopération technologique dans les domaines de l’innovation, de la science et de la formation). N’a-t-on trouvé aucun thème de coopération dans le domaine du traitement des déchets nucléaires ? N’y a-t-il aucun « pôle de compétitivité » français à même de promouvoir ou de participer à un programme ambitieux ? (la France se posant comme un acteur majeur dans le nucléaire et la Russie étant un acteur non moins respectable).

En opposition à l’obscurantisme de Greenpeace et des écologistes, dont l’idéal est la décroissance et la régression, ne serait-il pas plus avisé de rassembler et dynamiser les compétences, là où elles se trouvent?

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Biennale de Moscou 2009 – « contre l’exclusion »

La 3ème Biennale de Moscou se déroulera du 24 au 28 septembre 2009.
Le site n’a pas encore été choisi.

Commissaire de cette exposition, Jean-Hubert Martin a dirigé plusieurs grands musées, dont le Centre Pompidou, le Museum Kunst Palast de Düsseldorf et le Kunsthalle de Berne et a organisé la Biennale de Venise Arttempo exposition en 2007. Il s’intéresse de longue date aux cultures exotiques. Il a dirigé le Musée National des Arts d’Afrique et d’Océanie, et la Biennale de Lyon en 2000, intitulée «partage d’exotisme».

«Contre l’exclusion», titre quelque peu inattendu pour une biennale.
Jean-Hubert Martin s’explique sur le nom de la Biennale de Moscou :

«Contre l’exclusion» doit exprimer son caractère ouvert et international.

Titre vraisemblablement cogité, en totale harmonie avec le programme de globalisation et d’assimilation des cultures.

Il s’agit d’un travail non standard et d’une orientation artistique, peu connue en Russie. Pas de thème pour cette biennale pour ne pas limiter le nombre de participants.

De fait, on y verra un grand nombre d’œuvres d’Afrique subsaharienne, d’Asie centrale, d’Océanie et de Nouvelle-Zélande. Martin a exprimé son désir de montrer, même en Russie, l’art aborigène d’Australie, qui, à son avis, est beaucoup plus actuel et politique qu’il n’y paraît.

A-t-on envisagé, en retour, d’organiser une biennale « contre l’exclusion », en Afrique subsaharienne, pour faire profiter ces peuples d’une orientation artistique, peu connue chez eux (à savoir la culture européenne)? Ce serait la moindre des choses.

Les organisateurs n’ont pas encore révélé les noms des artistes qui participeront à la Biennale de Moscou, mais on connaît déjà le nom de deux d’entre eux :

Jeff Koons

Ancien trader à Wall Street, Jeff Koons compte Bernard Madoff parmi ses admirateurs, et peut-être collectionneurs.

et Damien Hirst.

Le Figaro du 05-09-2008 nous rapporte que longtemps ce fils du prolétariat anglais, amateur de billard et de bière, ponctuait ses interviews de «shit» et de «fuck» en guise de virgules. Cet ancien bad boy est aujourd’hui l’un des artistes les plus chers du monde.
Que retiendra-t-on de sa réussite : art, « shit » ou business ?

Pour l’historien conférencier Runoko Rashidi : Pouchkine est autant africain que russe

Runoko Rashidi (né en 1954) est un historien conférencier publique, basé à Los Angeles. Ses travaux universitaires portent sur «les fondements noirs de la civilisations du monde”. De nombreux érudits contestent ses conclusions, basées sur des études anthropologiques et de l’ADN. Il a organisé des missions d’études en Inde, en Australie aborigène, aux îles Fidji en Asie du Sud, en Egypte et au Brésil.

[Le présent article a été remanié le 14-12-2012]

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Pouchkine, né en 1799, Runoko Rashidi, historien activiste noir américain, s’est rendu en Russie, estimant que Pouchkine était un écrivain africain, autant que russe.

« tout le monde sait, en Russie que Pouchkine avait une ascendance africaine, mais ils ne le considèrent pas comme un noir. Ils le considèrent comme un Russe avec une ascendance africaine.
Pour nous cela ne fait aucun doute :
si vous avez une seule goutte de sang africain, vous êtes noir».

Pour étayer sa thèse, Runoko Rashidi rappelle que la mère d’Alexandre Pouchkine, Nadiejda Ossipovna Hanibal, descendait d’une des familles de la noblesse de service instituée par l’empereur Pierre Ier, remontant à Abraham Pétrovitch Hanibal, esclave africain affranchi et ennobli par Pierre, dont il fut le filleul et l’ami fidèle ; Abraham Pétrovitch mena une carrière d’ingénieur militaire qu’il termina comme général.

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Pouchkine était-il noir?
Pouchkine était-il noir?

TRADUCTION DE LA VIDEO (c’est Runoko Rashidi qui parle):

A la fin du mois de mai 1999, je suis me suis rendu en Russie, spécialement pour célébrer le bicentenaire de la naissance du poète afro-russe (sic), Alexandre Pouchkine.

Je me sens très proche de Pouchkine. Pouchkine, né de parents aisés à Moscou en 1799, est considéré comme le père de toutes choses russes. « Pouchkine fut le printemps russe, Pouchkine fut le matin russe, Pouchkine fut l’Adam russe. » [Anatoly V. Lunacharsky]. On lui a attribué “l’invention” de la langue russe parce qu’à l’époque, la plupart des auteurs russes écrivaient en français. Sachant cela, Pouchkine était considéré comme l’homme le plus doué et le plus dangereux de la Russie, et il a écrit d’une manière accessible à chacun.

Arrêtons nous un instant, sur les premiers vers de “je vous aimais”:

Je vous aimais … et mon amour peut-être
Au fond du coeur n’est pas encore éteint.
Mais je saurai n’en rien laisser paraître.
Je ne veux plus vous faire des chagrin.

Pouchkine y évoque une situation qui touche tout être humain. Il est tombé amoureux de cette femme mais la relation n’a pas fonctionné. Alors ils se sont séparés. Mais il précise que cela ne signifiait pas qu’il avait cessé de l’aimer, juste parce que cela n’avait pas marché.

Pouchkine avait un vocabulaire de 20 000 mots. Il est l’équivalent russe de Shakespeare, un homme qui lui même est tombé amoureux d’une femme noire Lucy Negro
[Dark Lady qui aurait inspiré les sonnets de Shakespeare].

Maintenant, Pouchkine n’était pas un phénomène isolé.
J’ai participé à des conférences à Moscou et Saint-Pétersbourg, sur l’image de l’Afrique en Russie à l’époque de Pouchkine, il y a environ 200 ans. Après avoir entendu d’autres intervenants à ce colloque, j’ai dit ce que je ne ferai pas. Vous donnez l’impression que Pouchkine était un phénomène isolé dans l’histoire de l’Europe et que l’histoire des Africains en Europe a commencé avec l’esclavage. J’ai dit que ce n’était pas le cas. J’ai donc fait une présentation générale de la présence africaine en Europe. A cette époque, il était populaire d’avoir de nombreux Africains dans les milieux aristocratiques de l’Europe. Ils les considéraient comme leurs “animaux de compagnie”, leurs mascottes.

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POEME DE POUCHKINE: JE VOUS AIMAIS

Я вас любил: любовь ещё, быть может │ Je vous aimais … et mon amour peut-être
В душе моей угасла не совсем; │ Au fond du coeur n’est pas encore éteint.
Но пусть она вас больше не тревожит; │ Mais je saurai n’en rien laisser paraître.
Я не хочу печалить вас ничем. │ Je ne veux plus vous faire des chagrin.
Я вас любил безмолвно, безнадежно, │ Je vous aimais d’un feu timide et tendre,
То робостью, то ревностью томим; │ Souvent jaloux, mais si sincèrement,
Я вас любил так искренно, так нежно, │ Je vous aimais sans jamais rien attendre…
Как дай вам Бог любимой быть другим. │ Ah ! puisse un autre vous aimer autant.