Le dossier du blanchiment de l’argent sale en est toujours au stade de l’étude

Taxe à 75 % : Moscovici envisage un geste pour les clubs de foot
[voir vidéo intégrale Bourdin Direct du 10-09-2013]

La taxe à 75 %, censurée par le Conseil constitutionnel fin 2012, prendra cette fois la forme d’un prélèvement sur la part des rémunérations dépassant 1 million d’euros. Le prélèvement se fera au niveau des entreprises. Ces dernières s’en acquitteront donc pour la première fois en 2014 sur les revenus versés en 2013 (exercice clôt au 31 décembre). Cette taxe ne s’appliquerait que sur deux ans.

Eviter des effets trop brutaux pour les clubs de foot

Dans les faits, le mécanisme limitera essentiellement l’impact redouté dans les clubs de football. Une façon pour le gouvernement, d’éviter des effets trop brutaux, sans exonérer ces derniers de l’effort. Depuis des mois, les clubs sont vent debout contre la mesure.

« Nous attendons les avis, mais c’est vrai que nous avons des clubs de football dont l’équilibre est fragile », a déclaré Pierre Moscovici, interrogé sur BFM TV. « Ce sera forcément une mesure plus générale. Ce n’est pas possible de faire une mesure pour les clubs de football uniquement ».

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LA TRIBUNE
ARGENT SALE, MODE D’EMPLOI : LES FOOTBALLEURS JOUENT AUSSI LES LESSIVEUSES

Tracfin, l’organisme de Bercy chargé de traquer les circuits financiers clandestins a rendu son rapport 2012 en juillet dernier. La Tribune propose une série de cinq enquêtes.

Le terrain est miné: Bercy ferme les yeux sur l’argent sale recyclé,
dès lors qu’il est tout ou partie imposable.

Le dossier du blanchiment de l’argent sale reste donc à l’état d’étude.

Enquête 2/5 :
le blanchiment d’argent grâce au transfert de joueurs de football.

Le football est sans doute le sport le plus populaire au monde et l’un de ceux qui drainent le plus d’argent. Les transferts de joueurs ou le rachat d’un club sont autant d’occasions de blanchir de grandes quantités d’argent sale, selon le rapport de Tracfin, l’organisme de traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins du ministère de l’Économie et des Finances.
Le montage est loin d’être à la portée de tous et s’effectue sur une longue période, mais il permet de comprendre pourquoi certains fonds d’investissement peuvent être intéressés par le rachat de clubs de football endettés.

Blanchiment transfert d’un joueur de football

Cliquer sur ce lien pour accéder au diaporama
Transfert de joueurs de football :
visualiser le circuit de blanchiment d’argent en cinq étapes

1 – Être actionnaire majoritaire
de deux fonds d’investissements garantissant l’anonymat

Prenons M. Escobar, trafiquant de drogue notoire ressortissant de San Theodoros, en Amérique Latine. L’un de ses conseillers lui a parlé de clubs de football très endettés en Europe et qui peinent à boucler leurs comptes sereinement. Or, il se trouve que M. Escobar est justement actionnaire majoritaire de deux fonds d’investissement : Lavadora aux Bahamas, et Weurlpoule à Jersey. Convaincu par son conseiller, le magnat de la drogue décide de faire racheter au fonds Weurlpoule, pas très actif ces derniers temps, l’un de ces fameux clubs endettés.

2 – Repérer un club de football surendetté en Europe

Il tient alors dans sa ligne de mire la proie idéale. Le club de l’AS Menucci a connu une saison difficile en terme de résultats sportifs et n’en a pas tiré les gains escomptés. Pris à la gorge par ses créanciers, son propriétaire veut vendre. Le fond Lavadora, lui, est déjà propriétaire du FC Alcazar, club mythique de la capitale du San Theodoros qu’il alimente régulièrement en cash.
L’AS Menucci regorge de joueurs qui cirent le banc depuis des mois et la saison des transferts approche. Le dirigeant de paille qu’il aura placé à la tête du club les met alors en vente pour renflouer les caisses. Certains seront vendus à leur vraie valeur à des clubs tiers.

3 – Profiter des transferts pour gonfler la note et faire circuler l’argent sale

En effet, on apprend par des rumeurs de presse qu’un joueur, Didier Surlafin, intéresse particulièrement le FC Alcazar. Le club du San Theodoros y va fort, il met 15 millions d’euros sur la table. Selon les spécialistes, Didier Surlafin était autrefois un cador. Désormais proche de la retraite, il est toujours utile, mais sa valeur ne dépasse pas les 10 millions d’euros.
Au bout de trois saisons (transferts), le club a renfloué ses caisses. Et l’argent sale de M. Escobar a réussi à pénétrer l’économie française. Les remontées de dividendes lui permettent de toucher une partie de son argent blanchi.

4 – Revendre le club remis à flot artificiellement
et récupérer la plus value en argent propre

S’il veut récupérer toute sa mise d’un coup, il n’aura qu’à revendre l’AS Menicci. En effet, maintenant qu’il a été remis à flots, le club a repris de la valeur, et son compte bancaire garni des sommes transférées par le FC Alcazar fait partie des actifs qui vont bien sûr peser lors du calcul du prix de vente. Dans la plus value réalisée, il retrouvera donc normalement le montant des transferts frauduleux réalisés. C’est-à-dire son argent sale passé à la lessiveuse.

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SERIE DE 5 enquêtes sur l’argent sale

Argent sale, mode d’emploi (1/5) :
la bonne recette des tickets-restaurants

Argent sale, mode d’emploi (2/5) :
les footballeurs jouent aussi les lessiveuses

Argent sale, mode d’emploi (3/5) :
transformer des véhicules neufs en occasions, un jackpot aux frais de l’État

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TOUJOURS A PROPOS DE FOOT (ARCHIVES)

Carton rouge ! Les dessous troublants de la FIFA – Andrew Jennings

Observatoire des subventions : l’État et les clubs de foot

Le foot nous renvoit l’image d’un monde en crise

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Au nom de la “lutte contre l’évasion fiscale”,
Bercy procède en toute légalité à la saisie en douane d’argent liquide
En réalité, cela concerne surtout des particuliers
soucieux de préserver leur épargne.

Article du Figaro du 08-09-2013
Les saisies d’argent liquide par les Douanes explosent

2013 devrait être l’année du record de saisies d’argent liquide.
Selon une note statistique sur l’activité des agents des Douanes sur le terrain que s’est procurée Le Parisien, les saisies d’argent liquide ont explosé de 518,6% sur le seul premier trimestre 2013. Ce sont ainsi 103 millions d’euros qui auraient été captés aux frontières de l’Hexagone.

Le phénomène se concentre majoritairement dans la fraude fiscale. Chaque saisie dépasse souvent les 100.000 euros. «Il y a les passeurs habituels, en cheville avec de vrais criminels, mais aussi des petits commerçants, des Français moyens qui ne veulent pas voir taxer une récente plus-value immobilière ou un compte en banque hérité d’un aïeul», confie un enquêteur des Douanes au Parisien.

La lutte contre la fraude fiscale des particuliers, mais aussi des pratiques ultra-sophistiquées des multinationales, est devenue une cause mondiale. Lors du G20 qui vient de se terminer à Saint-Pétersbourg, la communauté internationale s’est fixée comme objectif la transmission des informations entre les pays d’ici à 2015.

En France, depuis le 21 juin, la circulaire Cazeneuve invite les Français à régulariser leur situation fiscale. Pour le moment, les cas sont traités avec clémence, en attendant la nouvelle loi sur la fraude fiscale, qui va être votée à la mi-septembre. Chaque année, la fraude fiscale entraîne un « manque à gagner » pour l’État français de 60 à 80 milliards d’euros.

[voir vidéo intégrale Bourdin Direct du 02-07-2013]

Histoire des mercenaires: le retour en grâce des soldats irréguliers auprès des Etats

“La guerre froide marque la réapparition en force du mercenariat classique. La neutralisation des deux supergrands et le risque de conflit atomique favorisent le retour en grâce des soldats irréguliers auprès des Etats…”

Les “Affreux” : renaissance d’un phénomène alors que le monde colonial est en plein écroulement.
Le Congo belge : en 1960, l’élection présidentielle qui doit préparer l’indépendance est remportée par le socialiste Patrice Lumumba. Il cède cependant la place à Joseph Kasa-Vubu et devient son Premier ministre en juin dans un climat de grande violence.

La Belgique décide d’envoyer des troupes supplémentaires pour protéger les Européens demeurés au Congo. La crainte d’un retour de la puissance colonisatrice provoque une nouvelle vague de violence à Léopoldville, dirigée contre les Européens.

Asphyxié par un manque soudain de finances, le gouvernement sollicite de plus en plus fortement les sociétés minières implantées dans la province du Katanga.

Officiellement fondé le 11 juillet 1960 par le président provincial Moïse Tshombé, l’État du Katanga peut compter sur l’appui officieux de la Belgique. Toutefois, il doit se préparer à la riposte du gouvernement de Patrice Lumumba, lequel réclame le retour de la province séditieuse dans le giron de la République congolaise.

Le Katanga dispose d’une armée très embryonnaire de 350 hommes, appelée gendarmerie katangaise. Face à l’intervention probable de l’armée nationale congolaise, les sécessionnistes doivent recruter en urgence des hommes capables de former et d’encadrer des soldats supplémentaires.

Tshombé décide de faire appel à des mercenaires, anciens militaires européens présents dans la région. Au printemps 1961, la gendarmerie katangaise compte 655 Blancs dans son encadrement – 220 d’entre eux sont officiellement mandatés par la Belgique sous couvert de coopération ; les autres sont des soldats de fortune, surnommés les ” Affreux “. Ils ont bientôt sous leurs ordres près de 11 000 soldats. A leur tête, le gouvernement katangais a choisi de placer un vétéran français.

À l’appel du gouvernement congolais, l’ONU oblige la Belgique à retirer ses officiers en août et somme le Katanga de se soumettre à Léopoldville. Finalement, il doit proclamer sa reddition tandis que les derniers ” Affreux ” opèrent leur repli vers l’Angola.

Malgré leur échec, la participation des soldats de fortune à la sécession katangaise connaît un formidable retentissement. L’épopée des ” Affreux ” dans l’ancien Congo belge inspire bientôt le romancier rhodésien, Wilbur Smith, qui publie une fiction en 1965, dont on a tiré un film Dark of the Sun (Le Dernier Train du Katanga).
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Le Biafra, terre d’abondance pour les mercenaires.
A partir de 1966, la tension monte entre Ibo (Chrétiens, alphabétisés par les missionnaires) du sud-est et les Haoussa (majoritaires et de religion musulmane). Elle se traduit par une série de putschs et des massacres d’Ibo, en particulier dans le Nord : le pays des Ibo abrite les mines de charbon et une partie des ressources pétrolières dont l’exploitation est alors en plein développement. Ces premiers événements poussent les Ibo à fuir massivement vers l’est.

Le 30 mai 1967, la zone méridionale de l’Eastern Region fait sécession sous le nom de république du Biafra. Ce petit territoire de 75 000 km2 est peuplé de 14 millions d’habitants dont 8 millions d’Ibo. Le gouverneur, le général Ojukwu, est placé à la tête du nouvel Etat.

Officiellement, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis demeurent neutres. Or, les intérêts de la compagnie britannique Shell-BP dans la région sont immenses. Londres appuie donc discrètement l’Etat fédéral à qui elle procure des mercenaires dirigés par Mike Hoare. A l’inverse, la France apporte son soutien à la province sécessionniste. En effet, sa compagnie, Elf-Aquitaine, exploite un gisement important au Biafra. Comme Londres, Paris fait le choix d’intervenir indirectement, par le biais de soldats de fortune et de fourniture de matériel militaire aux Ibo. Les anciennes puissances coloniales tirent ainsi les leçons des événements du Congo belge. Le conflit va durer deux ans et demi et se solde par une catastrophe humanitaire. Création de Médecins sans Frontières […] ________________________________________

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Mercenary Fighters Full Movie (vo)
Mercenary Fighters est une production de Cannon Films qui se déroule dans un pays africain fictif qui ressemble étrangement à ce qui était alors le Zaïre (maintenant la République du Congo) – Peter Fonda est un mercenaire engagé par le gouvernement pour faire disparaître une locale tribu rebelle qui se dresse sur le chemin d’un projet de développement énorme.

Cannon Group Inc. était un groupe américain, dont la société de production Cannon films, en 1967-1993, était spécialisée dans la production de films à petits et moyens budgets. Ce grand groupe possédait, entre autres, une grande chaîne de cinéma international et une société de production vidéo qui a investi massivement dans le marché de la vidéo (achat des droits internationaux de vidéo à plusieurs cinémathèques classiques). Cannon Group appartient à la Metro-Goldwyn-Mayer depuis 1993.

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ARCHIVES RATGEMINI

DERNIERES CONVULSIONS DE LA FRANÇAFRIQUE

CONFERENCE DE BERLIN EN 1885: LE PARTAGE DE L’AFRIQUE

Syrie: les insurgés bénéficieraient-ils d’une aide extérieure?

Un engin explosif improvisé (IED) de type pénétrateur formé par explosion (EFP) a été retrouvé en Syrie. Un groupe d’insurgés a revendiqué l’attaque visant un convoi de troupes de l’armée régulière.

Les insurgés pourraient bénéficier d’une formation et d’un appui logistique de l’extérieur.
Les EFP ont été largement utilisés contre les véhicules militaires américains en Irak
Les ingénieurs travaillent, d’ailleurs, à trouver la parade contre l’utilisation de ces engins explosifs

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Une vidéo récemment publiée sur Internet (autre que la vidéo ci-dessus) montrant un engin explosif improvisé (IED) en Syrie a suscité beaucoup d’attention. Un groupe de rebelles syriens, appelé Hawks Brigade of the Levant, a revendiqué l’attaque qui visait un car blindé transportant des troupes de l’armée régulière alors qu’il empruntait une route aux abords d’un bastion rebelle dans le gouvernorat d’Idlib. Selon le groupe, L’IED utilisé pour l’attaque était de type pénétrateur formé par explosion (EFP).

Les EFP constituent une menace importante pour les véhicules blindés. L’armée syrienne les utilise elle-même, et de façon très efficace, dans sa campagne contre les groupes rebelles syriens.

Nécessitant des composants simples pour leur fabrication, les EFP peuvent être fabriqués à moindre coût et avec des matériaux facilement disponibles. Les EFP peuvent être fabriqués par des acteurs non étatiques: ils ont été largement utilisés contre les véhicules militaires américains en Irak. Grâce à sa forte concentration de charge explosive, un petit EFP de seulement quelques kilogrammes d’explosif peut causer plus de dommages à un véhicule blindé qu’un traditionnel IED fait avec du matériel beaucoup plus fortement explosif.

A priori, les artificiers rebelles sont donc parfaitement capables de fabriquer des centaines de dispositifs EFP avec la charge explosive nécessaire pour équiper un véhicule piégé. Grâce à leur petite taille, les EFP sont faciles à dissimuler et difficiles à détecter. Ils peuvent également être placés au bord de la route plutôt que d’être enterrés dans la route, comme une mine anti-char.

Les EFP utilisés en Irak, au Liban et dans les territoires palestiniens se sont révélés très efficaces contre les véhicules blindés, y compris les gros chars de combat. Ils sont particulièrement meurtriers contre des véhicules plus légers tels que les transporteurs de troupes blindés, des camions, des jeeps etc.

De nombreux indicateurs de l’aide étrangère peuvent être détectés à partir de l’examen minutieux des engins explosifs improvisés utilisés par une organisation dans ses attaques.

Des décennies avant qu’Al-Qaïda ait ouvert des camps d’entraînement au Pakistan et en Afghanistan, les camps de la vallée de la Bekaa au Liban, de la République démocratique populaire du Yémen, de la Libye et de l’Irak accueillaient des militants venus du monde entier, et les techniques spécifiques de fabrication de bombes pratiquées dans les diverses zones pouvaient être enseignées à des artificiers individuels ayant participé, sur place, à des stages collectifs de formation.

Plus tard, l’émergence d’engins explosifs improvisés dans des endroits comme El Salvador et la Colombie a démontré que les artificiers de l’Armée républicaine irlandaise provisoire (IRA provisoire) et de l’organisation armée basque ETA avaient formé une nouvelle génération de militants dans ces pays – fait corroboré par les arrestations de certains des artificiers.

Dans la plupart des attaques djihadistes lancées contre les intérêts américains dans des endroits tels que le Yémen, les techniques spécifiques utilisées par certains artificiers ont apporté la certitude aux enquêteurs qu’ils avaient reçu une formation dans des camps au Pakistan et étaient revenus au pays avec leur savoir-faire, après avoir combattu contre les Soviétiques en Afghanistan . Plus tard, après avoir reçu la formation du Hezbollah, Al-Qaïda a commencé à afficher les caractéristiques de l’influence du Hezbollah dans la fabrication des IED.

L’utilisation d’explosifs comme le Semtex H, par des groupes tels que l’IRA et le Front populaire de Libération de la Palestine-Commandement général a également démontré un lien distinct logistique entre les États commanditaires du terrorisme comme la Libye et leurs hommes de main. Sous le régime Kadhafi, les Libyens étaient même connus pour avoir utilisé la valise diplomatique pour remettre du Semtex à leurs ambassades dans des endroits comme Londres, où les explosifs ont ensuite été remis aux hommes de main pour une utilisation dans des attaques.

Beaucoup plus récemment, on a pu constater des progrès rapides dans les engins explosifs improvisés utilisés par le groupe nigérian Boko Haram. Lorsqu’en l’espace de six mois, les IED du groupe sont passé de petits engins rudimentaires à de grosses voitures piégées, il était devenu évident que les artificiers du groupe avaient reçu une formation exterieure.

Dans une autre affaire récente, les voitures piégées suicide de faible puissance utilisées par Al-Qaïda au Maghreb islamique ont démontré que les dirigeants du groupe dans le nord de l’Algérie ont réellement le désir d’attaquer et disposent d’effectifs importants de volontaires pour le suicide, mais ils ont beaucoup de difficultés à se procurer des matières explosives pour obtenir des voitures piégées efficaces. Cette information permet aux experts d’évaluer le type de menace qu’un tel groupe pose.

Ce qui nous ramène aux EPF, largement utilisés par les chiites en Irak. Les chiites ont reçu des cargaisons de cuivre de la Force Al-Qods de l’Iran, pour leurs dispositifs improvisés EFP. L’émergence d’EPF en Irak a été un indicateur fort du soutien de l’Iran pour les milices chiites en Irak.

Bien que la Syrie partage une frontière avec l’Irak, on ne saurait en conclure que la technologie EPF a simplement débordé la frontière. Certes, le principe de EPF est assez simple, mais les EPF en Irak ont été largement utilisés par des militants chiites, qui sont alignés avec l’Iran et, par extension, le régime syrien. Il est peu vraisemblable que la Force Al-Qods ait fourni des cargaisons de cuivre pour les dispositifs improvisés EPF destinés aux sunnites de Syrie ou à ses hommes de mains irakiens chargés de les acheminer (par contre, il a pu se faire qu’une entreprise chiite qui disposait d’un stock l’ait revendu à un sunnite, qui l’aurait ensuite cédé à des rebelles syriens.)

Il sera important de contrôler combien d’EPF les insurgés syriens vont déployer. S’ils ne s’agit que de quelques dispositifs EFP dans des endroits dispersés, il pourra s’agir de livraisons occasionnelles. Toutefois, si les EPF étaient déployés de manière importante et systématique, ce serait l’indication – mais certainement pas une preuve irréfutable que les insurgés syriens s’approvisionnent à l’extérieur.

La précision et l’efficacité avec laquelle ces dispositifs seront utilisés seront également révélatrices du type de formation reçu par les insurgés. Une capacité EPF développée au niveau national impliquera des échecs et des incohérences, les types de problèmes auquels l’artificier se trouve fréquemment confronté tout au long de la courbe d’apprentissage de la fabrication d’explosifs. Ces problèmes de croissance seront absents si les insurgés syriens devaient bénéficier d’une formation et d’appuis logistiques de l’extérieur.

Il y a bien des méthodes pour évaluer le soutien étranger reçu par un groupe armé. Les indicateurs peuvent prendre en compte n’importe quel élément, allant des uniformes et des fusils d’assaut à la présence d’un nombre croissant de missiles anti-chars guidés et de systèmes portatifs de défense aérienne. Mais des indications plus subtiles, telles que la nature des composants des IED et les savoir-faire en matière de fabrication de bombes ne doivent pas être négligées.

[STRATFOR │June 21, 2012]

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Selon le Figaro: la Ligue arabe a demandé à la Russie de cesser de livrer des armes au régime syrien. «Quand vous livrez du matériel militaire, vous aidez à tuer des gens», a accusé le secrétaire général adjoint de l’organisation panarabe, Ahmed Ben Helli, reçu la veille au ministère des Affaires étrangères à Moscou.

Dans le mêmr temps, le Figaro rapporte que, selon le New York Times, des agents de la CIA basés dans le sud de la Turquie aident à acheminer des armes aux insurgés syriens.

Trafic d’armes: le Russe Viktor Bout est extradé vers les USA

Extradé de Thaïlande vers les Etats Unis

Viktor Bout, homme d’affaires russe,
tombe dans un piège tendu par la CIA

Bangkok: deux interlocuteurs se font passer pour des représentants des FARC (Colombie).
Il s’agissait en réalité de deux agents de la
DEA (Drug Enforcement Administration).

Viktor Bout est arrêté à Bangkok en mars 2008 sur mandat délivré par les autorités américaines.

Il serait accusé de complicité avec les FARC, pour leur avoir fourni des armes susceptibles d’être utilisées contre des ressortissants et responsables américains.

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Le 20 août 2010, la Cour d’appel thaïlandaise accepte
la requête d’extradition du Russe vers les Etats-Unis.

Avec quatre chefs d’accusation contre lui,
le Russe risque entre 25 ans de détention et la perpétuité.

Alla Bout en est convaincue: son mari serait victime d’une machination de la part de plusieurs experts de l’ONU et d’un certain nombre de politiciens et journalistes américains et britanniques.

Ainsi, les USA pourraient se prévaloir mondialement
d’une grande victoire dans la lutte contre le terrorisme
.

Entre les lignes des communiqués de presse, transparaît l’idée que
même si nous n’avons pas encore réussi à attraper Ben Laden,
la capture de Viktor Bout, n’en reste pas moins un très grand succès.

[RIA Novosti]

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A PROPOS DES ACTIVITES DU RUSSE VIKTOR BOUT

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=1HiKfEu6Ffw]

Interview of Douglas Farah, the author of ‘Merchant of Death’
by Riz Khan from Al Jazeera english

Voir également la playlist sur le trafic d’armes présumé de Viktor Bout
Spécial investigation: Reportage de Canal+ datant de juin 2009
Vidéos x 3

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Le Ministère russe des Affaires étrangères dénonce une manipulation politique:
le 16 novembre, l’homme d’affaires russe Viktor Bout,
a été “illégalement” extradé de Thaïlande vers les Etats-Unis.

Dans une interview à la BBC, Léonid Velekhov, rédacteur en chef adjoint de la revue “Sovershenno sekretno” (Top Secret) se dit médusé face à une réaction aussi brutale.
Viktor Bout est considéré comme l’un des plus grands marchands d’armes du monde.
Il est protégé comme un homme d’Etat.

Pavel Felgenhauer , expert militaire indépendant, pense que les autorités russes pourraient craindre que Viktor Bout ne soit poussé à faire des révélations pour sauver sa peau.

Les États-Unis continuent de régenter la politique mondiale et les relations internationales, contribuant en quelque sorte, à l’instauration d’un monde unipolaire.

De l’avis de Pavel Felgenhauer (interview BBC) la situation est complexe.
Viktor Bout jouait un rôle important dans les réseaux internationaux de trafic d’armes,
dans la mesure où il approvisionnait diverses régions du monde.
Les transactions se sont poursuivies après son arrestation, car il ne constituait pas un maillon vital, mais à l’évidence, Viktor Bout sait beaucoup de choses.

Viktor Bout dispose donc d’un atout pour obtenir l’atténuation de sa part de responsabilité en cas de procès devant la justice américaine…
sinon, c’est la prison à vie.

“Si Viktor Bout venait à témoigner, certaines personnes pourraient être touchées, dont beaucoup occupent actuellement des postes importants”, – dit Pavel Felgenhauer.

Selon l’expert, le scandale pourrait concerner non seulement la Russie mais aussi l’Ukraine, la Biélorussie, le Kazakhstan et certains pays d’Europe de l’Est.

Au final, l’incident ne devrait pas entacher les relations entre Moscou et Bangkok.

Quant aux relations avec Washington, Felgenhauer pense que les autorités russes vont attendre de voir si Viktor Bout va collaborer et quelle sera l’attitude des Américains.

[BBC – Russie 16-11-2010]

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armes de corruption massive 2

En vingt ans, Viktor Bout est devenu l’archétype du vendeur sans scrupule d’armes légales et illégales, et l’un des plus réputés.
Lors de la chute de l’URSS, fin 1991, cet ancien pilote militaire – à moins qu’il n’ait été un agent du renseignement militaire, le GRU, ou les deux – n’a que vingt-quatre ans. Dès cette époque, il livre à des clients étrangers des stocks d’armes et de munitions issus des arsenaux de l’empire déchu, que vendent les officiers des forces armées.

Banal, selon William Odom, spécialiste américain de la dislocation de l’ex-URSS : ” Dans les républiques baltes et au Tadjikistan, les vols et les ventes d’équipement militaire étaient endémiques. En 1990-1991, les armes, les véhicules et d’autres matériels des forces terrestres se retrouvaient dans des mains civiles à une vitesse alarmante.

À cette époque aussi, des milliers d’avions de transport fabriqués par les Soviétiques pour la compagnie Aeroflot, qui les utilisait tant pour les vols civils que pour les missions militaires, rouillent sur des centaines de pistes d’aviation. Portes ouvertes, vitres brisées, câbles dénudés, pneus crevés, tous ces Antonov, Iliouchine, Yakovlev et autres Tupolev sont alors à qui veut les prendre et les faire voler, après avoir effectué des réparations sommaires.

Des éléments de l’appareil militaire russe, sans doute membres des services secrets de l’armée, le GRU, commencent par fournir trois Antonov à Viktor Bout, pour une misère : 120 000 dollars.

C’est là que commence sa fortune. Ses trois premiers avions s’envolent d’abord pour le Danemark, d’où ils repartiront pour les juteuses routes du tiers monde.

Selon un rapport très fouillé d’Interpol, datant du 4 décembre 2000, Bout s’installe cinq ans plus tard, en 1996, sur l’aéroport d’Ostende, dans les locaux tout juste libérés par une autre société, Aviation Network Group (TAN Group), qu’il possède à 50/50 avec le Français Michel Victor-Thomas.

Au départ, Bout n’est pas propriétaire de la totalité de sa flotte.
Dans un premier temps, ses commanditaires russes lui ont loué ces appareils, charge à lui de les remplir d’armes issues là encore des arsenaux de Russie ou des pays de l’ex-URSS, d’encaisser les dollars et de rétribuer ses protecteurs. Il se passera vite de leur parrainage…

Sa flotte d’avions militaires russes – il en exploitera jusqu’à cinquante – se promènera à l’intérieur d’une nébuleuse de compagnies aériennes, qu’il possède en tout ou partie, ou dont l’exploitation passe par d’impénétrables contrats d’affrètement.

Au Zaïre (devenu République démocratique du Congo en 1997), Bout est payé en diamants et en coltana par le MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean- Pierre Bembab. Russe et espion, il a fréquenté le continent noir du temps du communisme comme jeune officier du GRU, le renseignement militaire.

Et c’est en Angola qu’il aurait définitivement attrapé le virus, quand il y était interprète pour des observateurs russes de l’ONU appartenant à l’UNAMEV I, une mission qui dura de 1989 à 1991 pour vérifier le déplacement des troupes cubaines.

Les zones de conflit en Afrique sont d’autant plus adaptées au transport aérien que les pistes sont nombreuses, les vols discrets permettant d’échapper sans difficulté aux contrôles et aux formalités.

Dans un document sur la contrebande aérienne d’armements, le Quai d’Orsay remarquait en 2006 que ” d’autres techniques impliquent les vols “en relais” au cours desquels la marchandise est déchargée à un point d’expédition, puis envoyée vers sa destination finale par un autre avion.

Plus le nombre de points de transbordement et d’avions impliqués est grand, plus l’expédition et la destination finale des livraisons d’armes peuvent être brouillées, compliquant la tâche des autorités nationales dans l’identification et le dépistage des envois suspects et des acteurs impliqués “.

En 1994, lorsque la France lance l’opération Turquoise au Rwanda, c’est lui qui achemine en partie troupes et matériels grâce à un pont aérien fort profitable.

Que Viktor Bout ait convoyé illégalement des armes vers tous les rebelles de la terre aurait dû inciter les gouvernants des États démocratiques à la prudence.

Une opération de piégeage est montée contre lui par la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine pour l’attirer en Thaïlande et l’y jeter en prison avant de l’extrader.
Question de commodité juridique

Le gouvernement des États-Unis accuse Bout d’avoir fourni des armes à plusieurs régimes sous embargo de l’ONU, dont l’Afghanistan, l’Angola, la République démocratique du Congo, le Libéria, le Rwanda, la Sierra Leone et le Soudan.
Sa fortune aurait été estimée en 2007 par la justice américaine à 6 milliards de dollars.

Viktor Bout veut livrer des armes aux FARC colombiennes, qui pratiquent le trafic de drogue et ont enlevé des citoyens américains. Trois faux clients qui se font passer pour des membres des FARC prétendent lui acheter pour plusieurs millions d’euros des roquettes antichars et des missiles sol-air 9K38-Iglaa qui seraient largués dans la jungle au bout de deux cents parachutes.En contact avec Andrew Smulian, un associé de Viktor Bout, les agents américains négocient aux Antilles néerlandaises, puis à Copenhague (Danemark) et enfin à Bucarest (Roumanie).

Le 6 mars 2008, la réunion avec ses pseudo-clients des FARC, au
business center de l’hôtel Sofitel de Bangkok, se termine par son arrestation, et celle d’Andrew Smulian, par des agents américains avec l’appui de la police thaïlandaise.

La justice thaïlandaise refuse l’extradition, au motif qu’elle ” ne possède pas l’autorité lui permettant de punir des actes commis par des étrangers contre d’autres étrangers dans un autre pays “.

Finalement, son extradition s’est produite le 16 novembre 2010, vers les États-Unis où l’attendait une condamnation à la prison à
vie.

Il s’agit d’un résumé du chapître consacré à Viktor Bout dans “Armes de corruption massive” qui évoque par ailleurs les grandes affaires de corruption qui secouent les milieux politiques français.

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LORD OF WAR
Version française de la bande annonce:

[dailymotion id=xbkcj]

TRAILER V.O. :
Lord Of War 2005 thriller film by Andrew Niccol with Nicolas Cage

Nicolas Cage’s character in the film Lord of War is a composite of Leonid Minin (Ukrainian) and suspected arms smuggler Viktor Bout (Russian).

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Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers SAS « LE PIEGE DE BANGKOK» – 2009.

Viktor Bout est également au cœur du roman de
Gérard de Villiers qui a eu plusieurs fois l’occasion de s’entretenir avec l’homme d’affaires russe, dans sa prison en Thaïlande.

À 24 ans (à la désintégration de l’URSS en 1989) Viktor Bout avait monté un petit empire de transport et de vente d’armes, grâce aux innombrables stocks de matériel militaire orphelins, en Russie, en Ukraine, en Biélorussie ou au Kazakhstan.

Ancien officier soviétique reconverti dans la vente de matériel de guerre aux pays sous embargo, il était alors connu pour ses innombrables transports d’armes, de diamants, d’or et même d’hommes, grâce à une véritable flotte aérienne d’avions-cargos en leasing, opérant à partir des Émirats Arabes Unis.

Tout le monde faisait appel à lui :

les trafiquants de diamants du Libéria ou de Sierra Leone, les talibans alors au pouvoir à Kaboul où une guérilla antimarxiste comme l’UNITA angolaise pour acheter des armes.

Les Américains, à court d’avions de transport, l’avaient utilisé pour acheminer du matériel en Irak et en Afghanistan. Les Français, de leur côté, avaient choisi en 1994, une des compagnies de Viktor Bout pour transporter les 2 400 hommes de
l’opération « Turquoise » de la France au Rwanda.

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